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mardi 29 mars 2011

Recherche New Yorkaise désespérément: Chapitre 3


Chers tous,

La suite de mon enquête de terrain, "Recherche New Yorkaise désespérément". Pour ceux qui ne les auraient pas déjà lus, cliquez sur ces liens pour l'introduction et le chapitre 1, et le chapitre 2! 

Observation #4: La New Yorkaise et son Prince Charmant (bling bling not optional). 

Je ne vais pas réécrire ici mon mémoire de fin d’études (et je viens d'en publier un extrait sur ce blog) pour planter le contexte de la situation de la femme aux États-Unis dans les années 1950, mais permettez moi de pousser des gros soupirs d'incompréhension devant certains aspects de la société américaine contemporaine qui feraient se retourner Betty Friedan dans sa tombe... Alors oui, de plus en plus, les New Yorkaises font des carrières flamboyantes et touchent des salaires astronomiques (voir Observation #3), au même titre que ces messieurs, however, il y a un comportement typiquement local que je me dois de pointer car il me paraît être un frein (si, si) aux progrès de la condition féminine. Je m'explique. 

Considérons ce phénomène de société tellement répandu dans la Grosse Pomme que pour les femmes ici cela doit être aussi normal que de se faire une manucure toutes les semaines (mais ce n'est pas normal non plus ça, right?), so let me rephrase, disons aussi normal que d'adorer Ben&Jerry's, ça vous va?... Les New Yorkaises ont la fâcheuse manie d'exhiber en public non seulement leur vie privée (voir Observation #2), mais également leur statut civil et leur position sociale... là où ça me saute le plus aux yeux, c'est dans le métro. Fiancée. Mariée. Mariée à un homme très riche. Vous voyez sûrement là où je veux en venir... La chose. 

La chose m'aveugle, la chose m'agresse. La chose me fait reconsidérer l'adage de Marilyn "Diamonds are a girl's best friend". La chose est à l'origine une magnifique pierre précieuse, mais la chose est devenue repoussante pas son arrogance et sa taille démesurée. La chose se porte même pour aller au supermarché ou à la salle de sport, correction, surtout pour aller au supermarché ou à la salle de sport. La chose que tout le monde doit voir. La chose que tout le monde, donc, doit avoir: the diamond, the rock, the sparkler, the dazzler, the engagement ring!

 L'énormité, la banalité, et la nouveauté (car il s'agit rarement d'un bijou de famille, mais je ne vais pas lancer ici un débat sur les blood diamonds) de ce symbole me choque. Lors d'un retour en France pour Noël, je suis allée me faire offrir une montre (merci Dad, et non pas merci Sugar daddy!) dans une petite bijouterie, de Province, où j'en ai profité pour jeter un coup d'œil à la taille des engagement rings made in France (et pas chez Cartier)... no comment! 

Quelle image de la femme le culte de la bague de fiançailles XXL nous renvoie-t-il? La New Yorkaise a abusé des contes de fées Disney étant enfant? En grandissant elle est devenue une working woman super-active, mais une romantique super-passive? Il y a quelques années de cela, une campagne de publicité américaine a fait du bruit en vantant les mérites de la bague en diamant pour la main droite, le bijou porté par les femmes modernes et indépendantes (sous-entendu, pas besoin de fiancé, elles peuvent se l'acheter elles-mêmes). Mais la tendance n'a pas pris. D'ailleurs, il suffit de jeter un coup d’œil au design actuel de ce site web pour en avoir la confirmation! Because, apparently, what women really want, c'est qu'on leur passe la bague au doigt (manucuré bien sûr). Comme dirait Beyoncé "You shoulda put a ring on it"... Et ces messieurs l'on bien comprit, pour les New Yorkaises, "size matters". 

Ce qui me désole le plus c'est qu'incontestablement la giga-bague de fiançailles est devenue plus qu'une preuve d'amour pure et dure et éternelle (comme un diamant). Jadis ce bijou avait une valeur financière explicite. Il représentait une sorte de filet de sécurité pour la mariée: en cas de coup dur, elle pouvait toujours le déposer au Mont de Piété... De nos jours, la plupart des épouses sont des femmes actives armées de cartes de crédit à leur nom. Alors quoi? Sans aucun complexes, on trouve une explication possible sur le site "Your engagement 101", qui annonce aux hommes qui se seraient perdus dans les méandres de l'internet que le prix de la bague doit prouver à leur fiancée (et au monde entier!) à quel point elle compte pour eux! Rétrograde, anyone? A New York, cette mentalité domine et The ring est devenue une épidémie, un incontournable, une protubérance. Conformité, quand tu nous tiens! Elle se porte, au même titre qu'un sac-à-main griffé (ou qu'une belle voiture), comme un marqueur social de richesse. Dans certains cas, elle coûte même beaucoup plus cher qu'un sac-à-main griffé (ou qu'une belle voiture!). 

Or, pour en revenir à ma référence aux années 1950, trouver un mari avec une bonne situation, n'était-ce pas le but ultime de la housewife de l'après-guerre? De profonds changements sociaux ont suivis, et pourtant, presque 50 ans plus tard, l'héroïne de Sex and the City, considérée comme une femme libérée, était toujours en quête de son riche prince charmant (ce n'est pas pour rien qu'il était surnommé Mr Big...) Et, aujourd'hui, le premier commentaire entendu lorsqu'une New Yorkaise annonce ses fiançailles n'est pas systématiquement "Congratulations!", mais plutôt "Show us the ring"! 

Tout ça me dépasse et me déplaît assez, je dois dire (non je ne suis pas jalouuuuuuse!). C'est pourquoi, depuis que je vis à New York, je cherche à comprendre toutes les significations de ce cadeau qui ne se plie surtout pas au principe de "c'est l'intention qui compte". Et je ne suis pas la seule à être intriguée. Le mystère des 4 Cs (Clarity, Color, Cut, Carat) n'est pas prêt d’être résolu...

En attendant, si c'est votre CCCCup of tea, et que, comme la plupart des New Yorkaises fiancées et mariées, vous n'oseriez pas vous montrer au grand jour sans au moins la valeur d'un mois à un an de salaire investie par l'élu de votre cœur pour décorer votre doigt, c'est selon, j'ai compilé pour vous une liste de mes conseils en V.O que l'on pourrait intituler "The Ten Commandments of the Urban Princess"... 

1. Find the Prince. Soyez aux aguets, il y a des signes qui ne trompent pas: un costard de qualité sur Wall Street, un corps naturellement bronzé dans les Hamptons, une photo de profil chiadée sur JDate.com... Peu importe. Une fois que vous l'aurez trouvé et envoûté, plus personne ne se rappellera des détails oh combien insignifiants de votre rencontre comparés à la taille de The Ring.

2. Follow your new motto. Répétez après moi. "L'amour est aveugle": incorrect. "L'amour rend aveugle": correct. Bah oui forcément, vous avez vu ce caillou? Éblouissant!!!

3. Learn the basics. Princess shape, cushion shape, teardrop shape, what?#&@? Vous êtes perdue, don't panic. Enfilez-vous le dernier épisode des 15 saisons du Bachelor U.S et je vous garantis qu'au moment de vous faire offrir votre bague, toutes les formes possibles de ce bijou très spécial n’auront plus aucun secret pour vous.

4. Look up to the stars. En 2004, Hilary Duff se lance au cinéma avec le film-véhicule A Cinderella Story, quelques années plus tard, elle rencontre son prince dans la vraie vie et ne dit pas non à une bague estimée, gloups, à un million de dollars. Un exemple à suivre!

5. Fake it if you must. Si je scrute l'annulaire de mes collègues de travail de sexe féminin, je peux reporter que celles qui sont mariées, quelle que soit leur place dans la hiérarchie professionnelle, arborent un gros caillou brillant. L'exception étant la minorité qui ne porte qu'un simple anneau en or. Notons que l'une est remariée, la seconde est British, et la dernière est d'origine japonaise (d'après une recherche rapide sur Google je découvre que les Japonais ne sont traditionnellement pas trop bagues de fiançailles)... Conclusion-carrément-pas-scientifique: Je soupçonne certaines de porter de la pierre gonflée aux amphèts '(hello Chinatown!) 

6. If you want something done right, do it yourself. Si malgré tous vos efforts vous êtes dans l’incapacité à trouver un mari avec un compte en banque plus fourni que le votre, rien ne vous empêche discrètement (pas comme Britney Spears) de vous acheter la bague vous-même ou de vous la faire payer par un sponsor d'une émission de téléréalité (The Bachelor, bis).

7. Cinderella who? La New Yorkaise aspire à être une princesse "moderne". Comme ma colocataire, elle a une carrière parfois plus prenante que Monsieur, alors il faut s'adapter. Elle ne fait pas faire la lessive, elle la "drop off". Elle ne fait pas la cuisine, elle la "pick up". Elle ne fait pas le ménage, elle "don't know". Et là c'est la coloc française, moi, qui s'y colle, grrr. (Really, she's off to be a very desperating housewife in my opinion).

8. Think big. The engagement ce n'est que le début des vos dépenses de couple. Si vous avez réussi à impressionner les copines et le tout Manhattan avec votre bague, bravo, mais sachez qu'elles vous attendront au tournant. Alors ne pas lésiner sur la cérémonie de mariage, car il vous faudra recevoir en grandes pompes. Votre entourage est trop superficiel à votre goût? But dear, on ne choisit pas sa famille, mais on choisit ses amis...

9.Wear it like you mean it. Ne jamais retirer la bague, car même si vous êtes habillée en jogging informe pour aller promener le chien, tout de suite le diamant vous confère une aura de richesse, d'élégance, d'assurance. Et avec ça, n'oubliez pas de ramasser les crottes, parce qu'on est à New York tout de même... 

10. Forever bling. A une époque où le taux de divorce n'a jamais été aussi haut, peut-être votre fiancé vous fera-t-il signer un contrat prenup avant de vous passer la bague au doigt. Mais ensuite, quoi qu'il arrive, it will be all yours! Et comme on le sait déjà, "Diamonds are a girl's best friend"... 

 

Rétrospective: "La New Yorkaise cherche son Prince Charmant (bling bling not optional)"
Breakfast at Tiffany's ( Blake Edwards, 1961) 
Princess Bride (Rob Reiner, 1987)
Muriel's Wedding (P.J. Hogan, 1994)
My Best Friend's Wedding (P.J. Hogan, 1997)
What Women Want (Nancy Meyers, 2000)
A Cinderrella Story (Mark Rosman, 2004)
Blood Diamond ( Edward Zwick, 2006)
Sex and the City (Michael Patrick King, 2008)

mercredi 23 mars 2011

Who's Afraid of Elizabeth Taylor?

Elizabeth Taylor and Richard Burton, Photo:  Life Magazine

Chers tous,

Elizabeth Taylor, so long. Elle était l’une des dernières légendes vivantes du cinéma classique hollywoodien, et mon côté cinéphile nostalgique en a pris un coup aujourd’hui. J’ai découvert ses “yeux violets” en Technicolor dans le film Ivanhoé que mon frère et moi nous repassions en boucle étant enfants. Quelques années plus tard, je me suis penchée avec attention sur certains autres des films qu’elle a tournés dans les années 1950. Si vous n’avez pas encore vu Cat on a Hot Tin Roof, il n’est pas trop tard pour bien faire ! Je me permets de publier ici un extrait de mon mémoire de fin d’études qui portait sur l’image de la femme au foyer dans le cinéma américain de l’après-Seconde Guerre mondiale. Cela ne vous surprendra peut-être pas de lire que la personnalité de la femme aux huit (!) mariages a transcendé des personnages de “femme de” qui lui étaient offerts à l’époque. Elizabeth Taylor restera pour moi une figure de l’anticonformisme féminin, une desperate housewife qui ne se laissait pas faire…

Le poids des dynasties sudistes : Produire un héritier

Dans Cat on a Hot Tin Roof et Giant, Elizabeth Taylor incarne une jeune épouse devant s’intégrer dans la famille étendue de son mari, et dont la tâche suprême est de prolonger la descendance.

Dans Cat on a Hot Tin Roof, Elizabeth Taylor joue Maggie, la femme d’un héritier d’une famille du sud, Brick Pollitt (Paul Newman). Si elle est capable de tenir tête à son époux, de le provoquer et de le défier pour tenter de le faire sortir de sa torpeur alcoolisée, ses rapports avec son beau-père son plus traditionnels. D’un côté, elle voudrait le satisfaire et tomber enceinte, ce qui par ailleurs prouverait que son mari a encore du désir pour elle. De l’autre, elle méprise profondément la seconde belle-fille de la famille Pollit qui a accouché de cinq enfants insupportables et qu’elle surnomme le “monstre de fertilité”. Maggie est prête à tout pour reconquérir les faveurs de son mari. Elle tente même de le rendre jaloux en flirtant avec le pater familias que tout le monde surnomme Big Daddy (Burl Ives). Mais celui-ci ne voit en sa belle-fille séductrice, Maggie “the cat”, qu’une mère potentielle : « Si c’est moi qui avait été marié à toi pendant trois ans, tu aurais eu la preuve vivante de mon amour, trois gosses et un quatrième dans le tiroir ! ».

Chez les Pollit, sexualité rime avec fécondité, c’est pourquoi Maggie détonne dans le paysage. Elle est incroyablement aguicheuse mais reste sans enfants. Le film fait planer des doutes sur la “virilité” de Brick, mais du point de vue des parents de ce dernier, c’est la faute de Maggie. Big Momma (Judith Anderson) lui demande avec rudesse : « Brick a commencé à boire depuis qu’il est marié. Est-ce que tu rends ton mari heureux ? ». Ce à quoi Maggie la rebelle répond aussitôt : « Et moi alors, personne ne me pose la question ? ». Mais la belle-mère de Maggie insiste : « Quelque chose ne va pas. Tu n’as pas d’enfants et mon fils boit ! Quand un mariage fonctionne, c’est au lit ! ». Ce genre de commentaire peut faire penser aux pressions qui s’exerçaient sur les épouses des rois d’Europe pour procréer à tout prix et donner naissance à un fils. Pourtant, l’autre belle-fille Pollit n’est pas choquée par cette vision rétrograde de la maternité : « Je suis fière de pouvoir dire qu’il y a une dynastie prête à prendre le relais grâce à moi ! ».

Dans cette famille aux valeurs traditionnelles, l’obsession des grands-parents est leur descendance, mais, paradoxalement, Big Daddy ne peut pas supporter les petits-enfants déjà venus agrandir la famille. Il semble toujours dans l’attente d’un héritier qui pourra assumer pleinement le nom familial et compte sur Brick et Maggie. Le couple a donc la charge importante de perpétuer la descendance, mais ne peut mener à bien cette tâche. Brick demande ainsi à sa femme : « Et comment tu vas faire avec un homme qui ne peut pas te supporter ? ». Maggie lui répond : « C’est mon problème ! J’y travaille… ». Finalement, la pression est si forte que Maggie fait le mensonge pieux d’une grossesse imaginaire, renouant par la même occasion avec son époux. 

Dans Giant, Elizabeth Taylor incarne à nouveau une épouse qui doit apprendre à vivre dans une famille aux valeurs conservatrices. Elle interprète Leslie, une jeune femme issue de la bonne société de la côte est des États-Unis. A la suite de son mariage avec Bick Benedict (Rock Hudson) qui possède un ranch au Texas, elle déménage et tente de s’adapter à un environnement initialement hostile. En effet, la soeur de Bick, Luz (Mercedes McCambridge), a du mal à s’accommoder de cet élément intrusif. Mais Leslie ne se laisse pas faire : « Je ne peux pas être une invitée dans la maison de mon propre mari ! ».

Elizabeth Taylor dans Giant (Warner Bros. Pictures) 

Cependant, elle abandonne volontairement une partie de son indépendance : acte symbolisé par l’exécution de son cheval, indomptable, qui a causé la mort de Luz. Elle essaye ainsi de faire plaisir à son époux, même si celui-ci a des vues assez réactionnaires sur la place des femmes en société. Par exemple, lorsque Leslie essaye en vain de prendre part à une conversation politique, elle est rapidement découragée : « Messieurs, vous vous comportez comme des hommes préhistoriques ! Qui a-t-il de si masculin dans votre sujet de discussion pour qu’une femme ne puisse intervenir ? ». Bick est très en colère que sa femme ait ainsi empiété sur son autorité.

Elizabeth Taylor dans Giant (Warner Bros. Pictures)

Néanmoins le couple trouve rapidement son équilibre, notamment quand Leslie annonce sa grossesse. Cette prérogative féminine constitue un devoir, mais surtout un pouvoir, réservé aux femmes. Le personnage joué par Elisabeth Taylor réussit à s’imposer face à Bick, mais son domaine d’intervention reste limité : les quartiers pauvres non loin du ranch et l’intérieur de leur maison. Même si, pour reprendre la remarque de Peter Biskind à propos de Pillow Talk, ce domaine n’est pas totalement insignifiant : « La décoration intérieure devient une métaphore de la capacité d’une femme à transformer un monde masculin, à modeler ses valeurs à son image à elle. »1. L’auteur ajoute que le film Giant célèbre la décrépitude du système patriarcal. Comme Bick finit par le dire à sa femme à propos de leur vie commune ou de l’éducation des enfants : « Fais comme bon te semble… »

Dans ce film, Elizabeth Taylor se rapproche autant que possible du modèle de la femme rebelle. Elle est capable de s’adapter lorsqu’elle devient membre d’une famille aux traditions ancestrales, sans pour autant renoncer à son droit d’émettre une opinion anticonformiste. Elle réussit à infléchir les idées conservatrices de son mari, accompagnant ainsi la transformation de la dynastie Benedict : la deuxième et la troisième génération ont une plus grand ouverture d’esprit. Dans les années 1950, Elizabeth Taylor réussit peut-être à reprendre le flambeau d’un certain type de personnages féminins, affirmés, indépendants qui semblaient avoir disparu des écrans depuis les années 1930. Dans les années de guerre froide, elle fait parfois figure d’exception, réussissant par exemple à incarner une héroïne qui ne plie jamais face aux hommes qui l’entourent dans A Place in the Sun, Giant, Cat on a Hot Tin Roof et Suddenly, Last Summer. Marjorie Rosen affirme que:

seule parmi les jeunes épouses, elle servit de figure positive sur grand écran pour le public féminin, incarnant une jeune femme aimante capable d’exprimer ses besoins et ses désirs. […] Et c’est cet ego, cet impatience, et cette implication personnelle, qui détonnaient avec les personnages trop parfaits de martyrs désintéressés… sanglotant et soufrant pour les hommes plutôt que pour elles-mêmes2.  

1. BISKIND, Peter, Seeing is Believing: How Hollywood Taught Us to Stop Worrying and Love the Fifties, New York, Henry Holt, 2000, page 290-291.
2. ROSEN, Marjorie, Popcorn Venus: Women, Movies and the American Dream, NewYork, Coward, Mc Cann and Geoghegan, 1973, page 264. Citée par BYARS, Jackie, All that Hollywood Allows: Re-Reading Gender in 1950s Melodrama, Chapel Hill, the University of North Carolina Press, 1991, page 98. 

Rétrospective:  "Who's Afraid of Elizabeth Taylor?": 
Father of the Bride (Vincente Minnelli, 1950)
A Place in the Sun (George Stevens, 1951)
Ivanhoe (Richard Thorpe, 1952)
Giant (George Stevens, 1956)
Cat on a Hot Tin Roof (Richard Brooks, 1958)
Suddenly, Last Summer (Joseph L. Mankiewicz, 1959)
Who's Afraid of Virginia Woolf? (Mike Nichols, 1966)