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mercredi 17 avril 2013

In Good Company

Chers tous,

Le mieux pour suivre mes aventures les pieds à Paris et le regard tourné vers New York (je crois même avoir aperçu la Statue de la Liberté de l'autre côté de l’océan atlantique lors de mon dernier voyage en Irlande : ), c'est de me retrouver sur Facebook, Twitter ou Instagram!

See you there!
Marion

mardi 5 mars 2013

Just sit back, relax, and enjoy the ride


 Chers tous,

"Pas de nouvelles, bonnes nouvelles". C'est très certainement ce que vous avez dû vous dire en constatant que je n'ai pas actualisé ce blog depuis mon départ des États-Unis. Moi-même je suis assez fan de ce proverbe, surtout lorsqu'il s'agit de rassurer des amies qui attendent les résultats d'un examen, ou lorsque la semaine dernière je n'ai pas reçu mon ELLE dans la boîte-aux-lettres. (Turns out, je suis une innocente victime du mouvement de grève des messageries de la presse, welcome back to France!). Mais vous me voyez venir, et ceci ne sera pas un article sur le mode, "Ah c’était mieux là-bas !" (je bassine déjà assez mes proches en commençant une phrase sur deux par "Oui, mais les New Yorkais, eux au moins..."), ceci sera un article pour d'abord vous dire merci. Vos compliments et encouragements ici, et même , m'ont beaucoup touchée et inspirée. Je n'ai pas l'intention de continuer à alimenter un blog sur la vie à New York maintenant que je n'y habite plus—c'est aussi simple que de ne plus sortir quotidiennement des dollars de son portefeuille, de ne pas marcher dans la neige déposée sur Manhattan par Nemo, ou de ne pas regarder les Oscars entre amis en direct à cause du décalage horaire—mais je ne lâche pas la plume (le clavier) et je vous tiendrai au courant...

Vous vous demandez sans doute comment je vis mon retour en France. Et bien, pour être franche, je n'imaginais pas pouvoir être concernée par le "choc culturel inversé". J'ai déjà vécu plusieurs fois aux États-Unis, j'y revivrai peut-être un jour, no big deal. Comme je vous l'ai déjà dit, je suis une bête à deux têtes. Pourtant, comme par hasard, à peine étais-je descendue de l'avion que tout le monde ne semblait que parler des problèmes de ré-acculturation (et ses variantes : la ré-intégration sociale, la ré-insertion professionnelle, la ré-acclimation en région tempérée océanique... le Français revenant de l’étranger souffre de nombreux maux). Moi je réfutais le terme d'impatrié défini par un journaliste du Monde, même si je me retrouvais dans l'excellent article de mon amie The Travelin' Girl. Lorsque, dans mon entourage plus ou moins proche, on me demandait, "Alors pas trop désespérée d’être rentrée ?" (quelle question!), je répondais avec un sourire indulgent, "Non pas du tout !" Moi la maline, je pensais pouvoir échapper aux effets indésirables liés à la fin de mon expatriation new yorkaise, comme j'avais cru pouvoir garder le contrôle lors de ma rupture avec mon ex-Américain préféré.

Ma première stratégie fut de gérer de façon obsessive–compulsive mon départ de New York. Cela m'a demandé beaucoup de temps et d'efforts, but I would not have it any other way. Je n'ai pas mono-maniaquement arpenté The Grid, même s'il fut un temps où, après mon premier emménagement dans le East Village, je pensais que ce serait une bonne idée, pour vraiment découvrir le quartier, que de parcourir de façon systématique chaque rue entre 4th Avenue et Avenue A, et entre Houston Street et 14th Street, soit environ très exactement 56 blocks. Yes, I know. Le jour même de mon licenciement, complètement hébétée mais fidèle à moi-même, j'ai fait une to do liste à deux entrées (selon l'ordre de priorité et par sujets thématiques). Yes, I know. Rien n'a été négligé. J'ai éteint la lumière, j'ai débranché le frigo, j'ai fermé la porte à clé, et j'ai vérifié que j'avais bien fermé la porte à clé... de ma vie à New York. 

Hélas, cette stratégie n'est pas infaillible, et il faudra quand même préciser que, dans ces tous derniers moments avant de partir, ceux qui restent à jamais gravés dans votre mémoire, je n'en menais pas large. Pour vous resituer la scène... Au premier plan, il y avait moi, frantic et trempée de sueur après avoir enfilé tous les vêtements qui n'avaient pas leur place dans l'une de mes quatre valises, après avoir passé rapidement l'aspirateur dans ma chambre par politesse pour sa future occupante, et après avoir tâché de descendre toute seule 100kg (donc) de bagages sur le trottoir. En arrière-plan on pouvait apercevoir mon colocataire, aussi akward qu'à son habitude, auquel j'ai dis au revoir non moins akwardment. Et, déboulant côté jardin just in time, ma new yorkaise préférée, réquisitionnée pour me tenir compagnie dans une SuperShuttle où, pendant tout le trajet jusqu’à l’aéroport, nous nous sommes raconté nos vies comme si nous étions seules au monde (et si vous connaissez le principe de la SuperShuttle, la salle était comble !).  

Au final, j’espère que les Américains me laisseront revenir parce que je me suis comportée comme une "déportée" modèle. Je n'ai même pas protesté lorsque j'ai réalisé que j'allais voyager en "Economy Premium", une upgrade très certainement due à mes quatre valises précédemment citées. J'ai d'abord eu un mouvement de panique en apercevant ce siège bien trop grand et confortable pour moi, convaincue de m’être trompée d'avion. Yes, I know. Une petite coupe de champagne a eu raison de mes appréhensions. Il ne me restait alors qu'une dernière chose à faire avant d'arriver en France, "just sit back, relax, and enjoy the ride".

Ma deuxième stratégie fut de me shooter à la compagnie de mes amis de New York. J’espérais sans doute ainsi qu'ils me manqueraient moins maintenant qu'un océan nous sépare. J’espérais. J'ai d'abord organisé deux brunch chez moi, à une semaine d'intervalle pour être sure que tout le monde soit disponible à l'une ou l’autre des dates. Ainsi, j'ai enfin pu sortir toutes les nappes que ma mère avait jugé indispensable de m'envoyer au fil des années ; j'ai préparé du café dans la French press abandonnée par ma colocataire précédente (French, elle aussi) ; j'ai servi de la brioche maison préparée pour le plaisir (et pour vider mes placards) ; je me suis assise parmi mes invités ; et je n'ai pas vu le temps passer. Deux fois ! 

Les occasions de se voir avant mon départ ont été heureusement bien plus nombreuses que cela, et toutes inoubliables : après-midi entre filles à la Doughnut Plant de Chelsea ; birthday party dans le Meatpacking district ; soirée pizza sur un rooftop de Midtown ; dégustation des célèbres pork buns de Momofuku dans le East Village ; fundraiser pour Obama dans le West Village ; ballade en roller à Prospect Park ; beer and sushi night avec vue sur la Hudson River ; soirée au Brooklyn Bowl  sans mettre une seule quille à terre ; Apéro blog dans le quartier de Bushwick ; French Geek night chez Bubbles à TriBeCa ; cours de cuisine coaché par un ami ; cours de body-pump coaché par une amie ; soirée Halloween sur le thème "orange" à Williamsburg avant Sandy ; bar éclairé aux chandelles dans la "dark zone" pendant Sandy ; potluck dinner près de Central Park pour débriefer après Sandy (pour ceux qui ne lisent pas ce blog, Sandy c'est une amie que j’espère ne plus jamais revoir !) ; Thanksgiving avec ma famille américaine... Il se reconnaîtront. Autant de moments exceptionnels et on-ne-peut-plus quotidiens de ma vie à New York. Alors j'ai fait de mon mieux pour en profiter sans penser au lendemain, à la YOLO comme disent les Parisiens (You Only Live Once). J'ai essayé de ne pas décompter les jours. J'ai oublié de prendre des photos. Je suis arrivée en avance pour fêter ma dernière soirée new yorkaise, paradoxalement encore plus heureuse que lors de ma première soirée dans la grosse pomme, presque 5 ans plus tôt. En 2008, il y avait moi, petite Française déposée en taxi sur Carmine Street avec seulement deux valises (!), déjà émerveillée par la ville, mais riche de beaucoup moins d'amis. I miss you guys.

Ma troisième stratégie fut de faire des choix. Accepter le fait que, si à Hollywood "you're only worth your last movie", à New York, "you're only worth your last meal". C'est-à-dire qu'il est tout simplement impossible de connaître la ville à fond, autant pour les touristes que pour les locaux. Il y a un turn-over constant, et presque effrayant, de nouveaux restaurants à tester, de nouvelles attractions à découvrir, de nouveaux paysages urbains à explorer. Même armés de votre bible TONY, de votre boussole iPhone, et guidés par les apôtres blogueurs (telle l’enthousiasmante Jeanne), vous n'atteindrez jamais le sacré Graal. Au mieux vous aurez réussi à trouver une table libre dans ce restaurant devenu une scene incontournable. Ainsi, le New Yorker est un être un peu delusional, porté jour après jour par une passion intacte à relever ce défi infini et irréalisable, celui de conquérir sa propre ville. Because, what else ? 

Mon temps étant devenu limité, il a donc fallu faire des choix. Je n'ai pas, telle une candidate survoltée de Fort Boyard, rempli de pièces d'or mon T-shirt, les mes poches de mon jean, ET ma culotte. Je n'ai pas essayé de faire tenir New York dans ma valise, pardon, dans mes quatre valises. Cela ne m'a pas empêchée de prendre du temps pour arpenter la ville en long, en large, et en upsate, (je vous recommande chaudement le musée de Beacon), le tout en bonne compagnie, (Clémentine, I'm looking at you). Mais avec un pincement au cœur car, avant même de quitter la grosse pomme, je me savais déjà hors-compétition.  

Lors de ma dernière journée complète avant de prendre l'avion, je me rappelle avoir simplement suivi mes envies, même celles qui n’étaient pas sur le menu, comme les pancakes lemon-ricotta-raspberry au Essex Street Market. J'ai ensuite commandé un mocha à emporter chez 88 Orchard ; j'ai fait un aller-retour sur le pont de Williamsburg pour admirer encore une fois la skyline de Manhattan ; je me suis retrouvée à traverser le plateau de tournage d'un film ou d'une série TV à Soho ; et j'ai finalement atterri à "All Good Things" (indeed!) juste pour le plaisir d'observer les gens autour de moi. Puis je suis rentrée, j'ai mis une robe, j'ai mis du rouge à lèvres, j'ai mis mes larmes en mode "démarrage différé", et je suis allée profiter de mes amis réunis dans un bar du East Village. Drink and be merry. 

Mon ultime stratégie fut, wait for it, wait for it, de faire en sorte d'avoir les ongles toujours manucurés jusqu’à mon départ. Voila, ça c'est dit.

Il est maintenant temps de faire le bilan de la méthode Marion en V.O pour éviter le choc culturel inversé. Comment s'est passé mon retour en France ? 

J'ai d’abord été frappée par la Noël-ite aiguë (si si, vous savez exactement de quoi je parle, de cette irrésistible envie de décorer l'arbre familial, de manger les meilleurs repas de l’année, et de regarder des DVD au coin du feu). Puis ces symptômes se sont estompés, 2013 est arrivé, mais le bonheur d'avoir retrouvé ma famille et mes amis en France est toujours intact. Et heureusement qu'ils sont là parce que pour le reste, c'est plus compliqué !

Je ne vais pas rentrer dans les détails. Je ne vais pas vous expliquer pourquoi la première chose que j'ai cuisiné en France sont des bagels maison. Je ne vais pas vous avouer que le seul bar que j'ai voulu essayer avec un réel enthousiasme à Paris sert de la Brooklyn Lager et se trouve à SoPi ("South Pigalle" dans la terminologie locale, empruntée de vous savez où). Je ne vais pas ajouter que c'est également dans ce coin de Paris que l'on trouve un pub nommé "Times Square" et que, ironiquement, sa clientèle de base n'est certainement pas constituée de touristes en goguette, contrairement au quartier de New York auquel il fait référence. Je ne vais pas vous dire que je ne trouve cela pas du tout réconfortant que le hall d’entrée du cabinet d'analyses médicales le plus près de chez moi soit décoré de posters géants représentant les rues de Manhattan et ses fameux yellow taxi cabs. Je ne vais pas préciser que cette prise de sang a été prescrite par mon nouveau médecin traitant convaincu que parce que je rentre de New York, j'ai forcément besoin d'un check-up (comme s'il n'y avait pas de docteurs compétents aux U.S) et aussi, allez savoir pourquoi, que je devrais vérifier par une radio si je n'ai pas une jambe plus courte que l'autre !!!

Je ne vais pas vous raconter comment l'obsession (le complexe d’infériorité ?) de Paris vis-à-vis de la grosse pomme s'est répandu comme une traînée de poudre pendant mon absence. Hello cheesecake devenu obligatoire sur la carte des desserts des bistrots traditionnels ! Hello magasin Forever 21 annoncé sur la rue de Rivoli ! Hello baristas barbus bientôt plus nombreux que les garçons de café ! Hello bars à ongles ! Hello nouveaux lieux bobo incontournables aux noms exotiques tels que le Coney Island Dinner, le Lefty, le Bones, le PNY, le Tuck Shop, le Glass, le Ten Belles, le Wanderlust. Et comble du comble : l'ouverture du café le "Garden Perk", qui se veut une réplique fidèle à celui de la série TV Friends

Tout cela ne m'aide pas vraiment à tourner la page sur mon mode de vie américain et cela crée pas mal de frustrations. Par exemple, étant une fan du brunch depuis la première heure, je suis a priori ravie que cette mode se soit installée à Paris, mais franchement, qui est l'idiot qui a décrété qu'il serait impossible de savourer cette simple combinaison d’œuf, de beurre, de lait, et de farine, le tout arrosé de café, pour moins de 25 euros, soit l’équivalent de 32,65 dollar par tête ? So I have become a conflicted French. J'essaye de transformer ma nouvelle vie en séjour d'immersion de longue durée à Paris, et puis je craque et m'engouffre dans un Starbucks, même si mon tall non-fat misto n'a plus le même goût. Cela va passer. Yes, I know. Je suis juste encore marquée par l’hématome du choc culturel inversé.

En attendant, je vous remercie d'avance mes chers tous, d'en être arrivés jusqu’au bout de ces lignes et de ce blog. Je veux finir cet article sur ces quelques réflexions philosophiques empruntées à une grande figure de l'optimiste et du renouveau à l'américaine. Il s'adressait ainsi récemment à ses proches :

"I want to thank them and I want to thank what they taught me, which is that you have to work harder than you think you possibly can. You can't hold grudges. It's hard but you can't hold grudges. And it doesn't matter how you get knocked down in life because that's going to happen. All that matters is you gotta get up." (Ben Affleck, Oscars 2013)

Et surtout, merci à ma chère grosse pomme, New York, la ville où j'ai appris à faire du vélo sans les petites roues.

Rétrospective "Just sit back, relax, and enjoy the ride" :
The Long Goodbye (Robert Altman, 1973) 
Coming Home (Hal Ashby, 1978) 
Airplane! (Jim Abrahams, David Zucker and Jerry Zucker, 1980)
Frantic (Roman Polanski, 1988)
Home Alone 2: Lost in New York (Chris Columbus, 1992) 
Happy End (Amos Kollek, 2003)  
All Good Things (Andrew Jarecki, 2010)

vendredi 23 mars 2012

La French touch

Chers tous,

What a coincidence! Le New York Times et moi-même avons eu l’idée de publier aujourd’hui un article sur le boom des livres s'adressant aux Américains fascinés par la culture française ! D'ailleurs for the record, leur article n'a pas inspiré le mien, et quant à savoir si mon blog inspire les journalistes du New York Times... Mais surtout, ce que le journal ne dit pas, c'est que la plupart de ces ouvrages qui donnent des conseils aux Américaines du genre, comment manger comme une Française, s'habiller comme une Française, séduire comme une Française, élever ses enfants comme une Française..., sont encore plus intéressants à lire du point de vue de la Française que je suis, justement ! Comme un miroir inversé, ils m'apprennent beaucoup sur ma propre culture, me font rire, rager, et, grâce à eux, des souvenirs enfuis remontent à la surface ! Alors voici une petite sélection perso, lue et approuvée par mes soins! Cliquez sur les liens pour plus d'infos...

Dans la catégorie “blockbuster” :
Un titre osé mais le contenu est plein de bon sens. Après le succès mérité de ce premier ouvrage, l'executive woman Mireille Guiliano continue de traire inlassablement sa cash cow (comme on dit ici):

Dans la catégorie “hommage” :
Ce livre, c'est presque trop ! Pour une Française, le lire, c'est comme se jeter des fleurs: ) Mais après l'avoir terminé, j'étais plus que jamais déterminée à cultiver dans ma vie new yorkaise exaltante mes racines (pour continuer la métaphore jardinière) qui me tiennent tant à cœur, et qui peuvent se résumer dans l'expression un peu clichée "le bon-vivre à la française".

Dans la catégorie “plein les yeux” :
Paris vs New York, a tally of two cities, de Vahram Muratyan (2012)
Comme le décrit l’auteur de ce concept malin (à l’origine, il s’agit d’un blog), nous avons ici à faire à un “match visuel amical entre ces deux villes”. Trêve de commentaire, allez-voir ça par vous-mêmes!

Dans la catégorie “précurseur” :
Paris to the Moon, de Adam Gopnik (2001)
Je me souviens avoir lu le premier ouvrage francophile de cet ancien journaliste au New Yorker il y a bien longtemps déjà (merci Clémentine) !

Dans la catégorie “délices” :
A la base, il s’agit de deux blogs gourmands (celui d’une Française anciennement installée aux US, et celui d’un Américain à Paris) que je vous recommande chaudement:

Dans la catégorie “fashionista” :
The Parisian Chic: A Style Guide by Inès de la Fressange, d’Inès de la Fressange avec Sophie Gachet (2011)
Alors, OK, je lis encore le ELLE français dès que j’en ai l’occasion, mais je ne suis pas sure d’être 100% convertie au culte de la Fressange. Ma Parisienne chic ? Joëlle of course !

Dans la catégorie “agent provocateur” :
Celui-là, je ne l’ai pas consulté de près, mais j’ai été voir l’auteur lire quelques passages au Strand bookstore, où pour l’occasion ils servaient du wine and cheese, what else ?

Dans la catégorie “nouveau-nés” :
Ceux-là, je les ressortirai en temps et en heure!

Dans la catégorie “cinéphile” :
Déjà présent dans ma bibliographie de recherches !

Dans la catégorie “voyage dans le temps” :
Ça change des cours d’histoire de mon adolescence…

Dans la catégorie “pas encore lus” :
Paris Was Ours, de Penelope Rowlands (2011)
The Greater Journey: Americans in Paris, de David McCullough (2011)
The Paris Wife: A Novel, de Paula McLain (2011)
My French Life, de Vicki Archer (2007)
A Year in the Merde, de Stephen Clarke (2006)
On Rue Tatin: Living and Cooking in a French Town, de Susan Herrmann Loomis (2002)

Rétrospective "La French touch" :
Imitation of Life (Douglas Sirk, 1959)
The French Connection (William Friedkin, 1971)
French Kiss (Lawrence Kasdan, 1995)

mardi 2 août 2011

Le Lièvre et la Tortue

Chers tous,

L’autre jour j’ai découvert par hasard que le nom de la marque de sport ASICS était en fait un raccourci de l’expression latine « Anima Sana In Corpore Sano » (« Un esprit sain dans un corps sain »). Bluffant, non !

Les Américains adorent les sigles (acronyms en VO), mais attention, ils ne les utilisent pas seulement pour désigner des institutions et des personnalités, comme nous le faisons majoritairement en Français. (Ex : DSK démissionne du FMI). Friands des abréviations en général (on est au pays des Jack, Joe, John et Jess après tout !), ils ont fait passer dans le langage courant des sigles qui peuvent sembler incompréhensibles pour les non initiés.

Depuis que je vis et travaille à NYC (fastoche celui-là !), j’ai dû non seulement apprendre à décoder ces sigles, mais aussi parfois à assimiler leur signification dans le contexte local. En effet, certaines expressions raccourcies n’ont souvent aucun équivalent direct en France. A la difficulté linguistique s’ajoute donc le choc des cultures, c’est pourquoi j’ai jugé nécessaire de consacrer une place spéciale aux acronyms américains sur ce blog ! J’ai dû déjà en évoquer certains, en passant, dans mes précédents articles, mais aujourd’hui je vous propose un mini dictionnaire illustré, pour que nous n’ayons plus à nous exclamer, perplexes : « WTF !!! » (celui-là je ne le traduis pas !). J’espère que cela couvrira toutes vos FAQ ! (Pour les explications détaillées, voir le bas de l’article).

Mandy*, AKA ma meilleure amie new yorkaise, est à première vue une JAP typique… mais il ne faut pas se fier aux apparences ! Le travail de Mandy la fait énormément voyager, du coup parfois quand j’essaye de la contacter, elle est MIA pour quelques jours, mais on essaye quand même de se voir ASAP. Mandy n’est pas du genre à se prendre pour l’un des personnages de SATC. Sa définition d’une bonne soirée ce serait plutôt un restaurant thaï BYOB, avec sa BFF, et des incontrôlables LOL. J’aime aussi faire la cuisine pour Mandy parce que, dans ce domaine là, je suis une pro du DIY. Et quand TGIF, on peut enchaîner avec un bar du LES, sans oublier de passer à un ATM avant. En plus, comme on habite toutes les deux downtown Manhattan, on rentre à pieds ou en subway, donc pas de risques de se faire arrêter pour DUI. BTW, à la différence de Paris, le métro new yorkais est en service toute la nuit. Cependant, même après des soirées arrosées, les PDA n’y sont pas vraiment tolérés. Les Américains sont connus pour être bien plus PC que nous. Il y a en a même certains qui raisonnent exclusivement selon le principe du WWJD ! Mandy et moi nous racontons nos histoires de mecs, sans dépasser la limite du TMI ! Cela n’empêche pas que je m’exclame parfois « OMG ! » parce que certaines de ses conquêtes maîtrisent vraiment l’art du BS! Le lundi je retourne au bureau et il m’arrive souvent de recevoir un email qui ressemble à ça : « FYI en ce qui concerne notre prochain événement, les détails sont TBA et les participants TBD »… Ah les USA !

*Par souci d’anonymat, les prénoms ont été changés : ) 

FAQ: Frequently Asked Questions = Questions fréquemment posées
AKA: Also Known As = Aussi connu(e) sous le nom de…, qui répond aussi à l’appellation de…
JAP: Jewish American Princess = L’équivalent du Chalala parisien.
MIA: Missing in Action = A l’origine un terme militaire uniquement employé pour évoquer les hommes de l’armée américaine perdus au combat, mais il peut s’utiliser dans la vie de tous les jours quand on n’arrive pas à joindre quelqu’un.
ASAP: As Soon As Possible = Dès que possible.
SATC: Sex and the City, la série new yorkaise par excellence.
BYOB: Bring Your Own Bottle = Restaurant où l’on peut amener sa propre consommation d’alcool, la serveuse ouvre même la bouteille pour vous !
BFF: Best Friend Forever = Meilleur(e) ami(e), avec l’exubérance américaine en plus !
LOL: Lots of Laughs.
DIY: Do It Yourself = Expression utilisée non pas pour donner un ordre mais pour évoquer les domaines du bricolage, de la cuisine, de la décoration etc.
TGIF: Thank God, It’s Friday = Comme beaucoup d’expressions du langage courant américain, celle-ci fait référence à Dieu… pour célébrer le début du weekend ! Il s’agit aussi du nom d’une chaîne de restaurants.
LES: Lower East Side = Quartier de Manhattan très prisé pour ses bars et ses boîtes de nuit.
ATM: Automated Teller Machine, ou pour certains, Acces To Money = Un distributeur d’argent rattaché à une banque ou, en version portable, dans un deli par exemple.
DUI: Driving Under the Influence = Conduite en état d’ivresse, vivement déconseillé !
BTW: By The Way = Au fait.
PDA: Public Display of Affection = Il n’y a pas vraiment d’équivalent dans la langue française car forcement, au pays des amoureux, ce n’est pas pointé du doigt de s’embrasser dans la rue ou dans le métro !
PC: Politically Correct = Encore un concept bien américain !
WWJD: What Would Jesus Do? = Certains vivent leur vie en se posant régulièrement la question, « Qu’est-ce que Jésus ferait à ma place ? ». D’après Wikipedia, le précepte est devenu populaire chez les chrétiens évangéliques dans les années 1990.
TMI: Too Much Information = L’esprit puritain des Américains a également donné naissance à cette expression qui pourrait se traduire en Français par « Epargne-moi les détails ! ».
OMG: Oh My God.
BS: Bullshit = Conneries, mensonges.
FYI: For Your Information = Pour info.
TBA: To Be Announced = Sera annoncé ultérieurement.
TBD: To Be Determined = Sera déterminé ultérieurement.

Retrospective "Le Lièvre et la Tortue":
E.T.: The Extra-Terrestrial (Steven Spielberg, 1982)
Speed (Jan de Bont, 1994)
Se7en (David Fincher, 1995)
The King's Speech (Tom Hooper, 2010)

vendredi 24 juin 2011

Starbucks and me

Chers tous,

L’autre jour j’ai commis une infidélité (mineure). Au lieu d’aller prendre mon café post-lunch au Starbucks en face de mon lieu de travail, j’ai voulu essayer un nouvel endroit plus éloigné, mais chaudement recommandé par ma bible, New York Magazine. Un café "à la Brooklyn", ouvert récemment par un couple de passionnés. D’habitude, je vais à ce Starbucks tous les jours où je travaille. Soit, si on fait le calcul (on enlève les weekends, congés, et jours fériés), plus de 200 fois par an ! Et bien, j’ai été déçue. Cela m’apprendra à faire un écart ! En effet, dans ce nouveau café, ils n’avaient pas de lait écrème, ni même de lait "normal" (en France appelé demi-écrémé, ici appelé 2%). Or pour moi le lait entier appartient à la même famille que la crème fraîche, le beurre, et les yaourts recette fermière, aliments qui me font horreur, sauf s’ils sont mélangés à plein d’autres ingrédients, et encore. Voilà pourquoi quand on me demande d’où je viens, je suis bien obligée de faire la distinction, « non je ne suis pas une vraie Bretonne… j’ai grandi en Bretagne ». Revenons-en à nos sirènes vertes ! Starbucks et moi c’est une « love/hate relationship »…

Notre première rencontre a eu lieu il y une dizaine d’année, à Seattle s’il vous plaît (ville où la chaîne est née, le café original est d’ailleurs toujours ouvert à Pike Place Market). Et aujourd’hui je vais chez Starbucks tous les jours de la semaine, mais JAMAIS le weekend, (sauf si je suis en quête de toilettes publics). Alors pourquoi est-ce que suis cette règle très particulière : semaine on/weekend off ?

La semaine, j’économise de l’argent en dégustant, la plupart du temps devant mon écran d’ordinateur (comme tous mes collègues, soupir), de délicieux déjeuners faits maison par mes soins. Ensuite je m’accorde un plaisir quotidien : je prends une pause air frais /coup de téléphone à mon Américain et je vais dépenser 2.50 dollars (seulement, 1.70 euros !!!) au Starbucks local où je commande un immuable « tall non-fat misto ». J’ai pris cette habitude parce que je sais que l’on prépare ma boisson à l’identique tous les jours. En conséquence, je n'ai jamais de mauvaises surprises, and I get a bang for my buck ! Ma commande est immanquablement à mon goût : 33 cl de réconfort caféiné, avec du lait écrémé donc, et bien chaud (je sais que je ne peux y tremper mes lèvres que 5-10 minutes après commande). Je ne prends pas de risques avec mon café parce que ce n’est pas qu’un café, justement ! C’est le boost in-dis-pen-sable de mon début d’après-midi, et la bouillote qui va réchauffer mon corps grelottant à cause de l’open-space climatisé à la limite de la torture (selon mon humble opinion). La semaine au bureau, j’ai besoin de structure, de repères, alors je biberonne mon misto pendant une petite heure, telle une enfant rassurée. Béate. D’ailleurs ce n’est sans doute pas un hasard si le logo de Starbucks, avant d’être réactualisé/censuré, était une sirène aux seins nus… il y a une côté allaitement régressif que les Américains ont adopté en masse avec leur café! La semaine, mon rituel ne passe pas inaperçu, quand je croise un de mes collègues dans les couloirs, il s’exclame systématiquement « Ah coffee time ! », et commente parfois sur ma ponctualité, « You’re kind of late today ». Car c’est ainsi, été comme hiver, vers 14-15h, les baristas de Starbucks m’accueillent comme une veille copine (et j’en ai vu du turnover parmi le staff !) Les anciens préparent automatiquement ma commande dès qu’ils me voient traverser la rue d’en face, et les nouveaux prennent vite le pli ! (J’exagère à peine : lorsqu'une fois je suis restée au téléphone et ai disparu de leur champ de vision, ils ont jeté mon misto avant de se rendre compte de leur erreur lorsque j’ai franchi la porte d’entrée du Starbucks pour de bon!) Je dois presque les mettre au courant si je pars en vacances en France, je ne voudrais pas qu’ils s’inquiètent ! Et by the way, à Paris aussi je consomme chez Starbucks.

C’est un comportement d’addict me direz-vous. Oui et non, car une fois la semaine au bureau terminée, je prends Starbucks en grippe et je n’y mettrais jamais au grand jamais les pieds ! En effet, le weekend sert à se déconnecter de la routine métro-boulot-dodo, à prendre du temps pour soi (un concept que les Américains ont du mal à intégrer parfois !). Pour moi cela signifie souvent explorer des recoins de New York que je connais moins bien, ou justement arpenter mes quartiers favoris. Le weekend mon emploi du temps n’est jamais réglé comme du papier à musique… je prends mon café où et quand ça me chante ! J’expérimente avec plaisir, quitte à être déçue. Mes cafés du weekend ne sont pas toujours aussi "parfaits" que mon tall non-fat misto quotidien, mais ils sont toujours surprenants : Café glacé ! Café aromatisé ! Café au lait bio ! Mocha ! Sélection commerce équitable ! Prix extravagant !

En fait, j’adore aller chez Starbucks la semaine et je déteste y aller le weekend pour les mêmes raisons qui font que l’enseigne verte divise les esprits. D’un côté, Starbucks se veut un lieu accueillant, familier, avec un décor cosy qui rappelle un petit café de quartier, et un staff qui se souvient de votre boisson préférée. De l’autre côté, Starbucks reste une chaîne qui peut s'assimiler facilement à du fast-food : certaines branches offrent de vous servir votre café en drive-in et, en dehors des grandes villes américaines (et européennes), Starbucks se trouve essentiellement sur les parkings des mini outdoor-malls de banlieue (pour vous donner une idée, c’est comme si vous alliez chez Starbucks entre une visite chez Darty et Buffalo Grill). 

Le paradoxe peut s’énoncer ainsi : Starbucks se vante d’être une chaîne à la fois omniprésente (à New York vous ne risquez pas de marcher plus de 10 minutes sans en trouver un), et "de qualité" (processus de sélection du café soi-disant artisanal, boisson customisée selon vos moindres désirs, le client n’est pas traité comme du bétail… on vous demande même votre petit nom !). Certains critiquent véhément la chaîne implantée absolument partout aux US, mais ils sont aussi probablement les premiers à se précipiter chez Starbucks à l’étranger, sinon impossible de trouver des lattes à leur goût ! La "comme à la maison" touch reste un atout majeur pour la chaîne. Combien de clients utilisent Starbucks comme une extension de leur salon, de leur nursery, ou de leur bureau ? On y vient pour se sentir entouré, pour se laisser bercer par la musique pointue mais néanmoins grand public, pour lire le New York Times à disposition, pour prendre le goûter des enfants sans complexes, ou, comme mon Américain, pour y travailler sur son ordinateur portable. Voilà aussi pourquoi Starbucks aura toujours une place à part à mes yeux... c’est là que nous nous sommes rencontrés !

D’autres bons souvenirs :

-Une de mes premières commandes dans un Starbucks de Seattle à l’âge de 16 ans : une boisson café-chocolat glacée (je ne me rappelle plus exactement de quoi il s’agissait). A l’époque j’étais capable de partir passer un été toute seule comme une grande aux États-Unis, mais je ne buvais pas encore de café pur !

-A Paris, avec mes amies anglophones et anglophiles… Le premier Starbucks s’apprête à ouvrir en France et, ne voulant surtout pas rater l’évènement, nous nous dirigeons gaiement à l’adresse indiquée sur internet, vers Opéra. Tout ce que nous découvrons sur les lieux ce sont les bureaux de la compagnie... encore un peu de patience les filles !

-Avec mon Américaine à Paris, lors de nos retrouvailles chez elle au milieu du Colorado. On fait une pause chez Starbucks et c’est comme si on était de nouveau dans le 6e arrondissement !

-Au Starbucks ouvert 24h sur 24h en période de révisions (!) sur le campus de l’université américaine où je passe mon année à l’étranger. Avant que nous soyons engouffrées dans le rush du premier semestre, Alex me prend en photo avec une tasse de leur collection à la main (je collectionnais leurs mugs jusqu'à ce que mes déménagements répétés me forcent à les laisser chez mes parents).

-A Seattle, lors des premières vacances de Noël que je passe loin de la France. Ma "famille" américaine m’accueille complètement lessivée après une période brutale d’examens et de papers à rendre sans faute. Un latte réchauffant à la main, je suis assise à l’arrière de leur voiture géante, nous sommes en route vers la maison des grands-parents sous la neige. Le holiday spirit m’envahit… d’un coup !

-A Paris, avec toutes celles avec qui j’y ai dépensé de nombreux tickets restaurant, et passé de longues heures à parler de tout et de rien… Elles se reconnaitront : )

-A Paris, avant d’aller en cours, je me sens particulièrement cool avec mon café Starbucks à emporter à la main, mais n’ose pas l’amener dans la petite salle de classe !

-A Lyon, une de mes villes d’adoption qui a enfin ouvert un Starbucks !

- A New York avec mon Américain, le plus souvent possible. Parfois je fais exception et vais chez Starbucks même si c’est le weekend. Pour lui faire plaisir.

Rétrospective "Starbucks and me": 
In Good Company (Paul Weitz, 2004)
Waitress (Adrienne Shelly, 2007) 
Milk (Gus Van Sant, 2008)

samedi 30 avril 2011

How to spot a fake hipster


Chers tous, 

Last week I published a post on this blog (in French) describing my disillusions with "A", a former American classmate of mine that, at first, I thought was different and interesting, but who turned out to be what I’m going to call a “fake hipster”. I met "A" back when I was an exchange student coming from France (obviously!) to the East Coast, and back when I was still fairly easily impressionable… "A" had blond curly hair that would fly in the wind when he was riding his bike on the campus main walk; he wore flannel shirts and vintage Tees, and he constantly carried an Olga camera dangling around his neck. In the world of hipsters, perfect score! But as I got to know "A" better, and with the help of my anthropology-student-best-friend-with-a sharp-eye-for-judging-character, I realized that "A" was a total fake! I have now been living in New York for three years, including in the East Village, a.k.a hipsterville, and I am well-aware that coming up with a decisive definition of the concept of the hipster is almost mission impossible. And too make things even more complicated, there is a very fine line between a hipster and a fake hipster. But let me try to give you a few hints that should help with not being fooled by another "A" coming your way! 

1. The fake hipster lives in Williamsburg… once upon a time the neighborhood of hipsterdom, now a place where apartment buildings look edgy only because an interior decorator made them look that way, and where French tourists go when they want to feel cool.

The hipster lives in a neighborhood that is still gentrification-free and comparable to the Bushwick of 2009, the Williamsburg of 2000, the Bowery of 1993, the Tribeca of 1984, the Soho of 1976, the Greenwich Village of 1952…

2. The fake hipster is pale and thin, he wears ridiculous glasses and a curly mustache… basically he looks like an Urban Outfitters sales person from 2011.

The hipster is pale and thin, he wears ridiculous glasses and a curly mustache… basically he looks like an eccentric clock salesman from the 1911s*.

3. The fake hipster buys polyester clothes for hundreds of dollars in vintage stores thinking it’s a good deal.

The hipster owns a sewing machine and knows how to transform her Midwesterner* aunt’s tablecloths from the 1980s into summer dresses.

4. The fake hipster wears a beard because his girlfriend got him “Dude No. 1 Beard Oil” for Christmas (price tag: 65 dollars for 25 mml)

The hipster wears a beard because he doesn’t need to shave every day.

5. The fake hipster follows a gluten free diet, not because of her allergies, but because it will make her look like an anorexic without actually being one.

The hipster is a vegan because she genuinely cares about cruelty towards animals, and the ban on foie gras is her new crusade.

6. The fake hipster would rather spend a small fortune on an organic fair-trade triple shot soy latte from a fancy coffee place than step foot into a Starbucks café… until he finds himself on a trip abroad realizing that the only place in the whole country where he can get his soy latte is at Starbucks.

The hipster makes coffee at home, and drinks it from a mug his girlfriend made for him in pottery class.

7. The fake hipster spends 300 dollars for a night at the Ace Hotel and feels that he's living like a woodsman.

The hipster spends 300 dollars on camping equipment and supplies for a week and feels that he's living like a woodsman.

8. The fake hipster learned to speak Spanish as a kid with his nanny from Puerto Rico.

The hipster learned to speak Spanish as a college kid back-packing in Latin America with some friends.

9. The fake hipster idolizes Vanessa Paradis because she is a French “bobo” and she is married to Johnny Depp, the multi-billion dollar pirate.

The hipster didn’t know who Vanessa Paradis was until he saw her reenact the finale of Dirty Dancing in The Heartbreaker.

10. The fake hipster knows all about the bands performing at The Coachella Music Festival every year.

The hipster knows all about The Vieilles Charrues Music Festival, and dreams of going every year.

11. The fake hipster doesn’t vote because all politicians are corrupt. He is a fake anarchist and an aspiring socialite.

The hipster votes even though he knows most politicians are corrupt. He is a true activist and an aspiring socialist.

12. The fake hipster buys art.

The hipster makes art.

See the difference?

This list can go on, leave your suggestions in the comments section or on the Marion en V.O Facebook page!

*Copyright: BR
*Copyright: JL

Recommended readings:
Why the Hipster Must Die from Time Out New York
Look at This Fucking Hipster Basher from the author of The Hipster Handbook
What Was the Hipster? from New York Magazine

In French:
Anti-héros : les hipsters sur Tracks de Arte
Rétrospective How to spot a fake hipster?
Easy Rider (Dennis Hopper, 1969)
Reality Bites (Ben Stiller, 1994)
Fear and Loathing in Las Vegas (Terry Gilliam, 1998)
The Big Lebowski (Joel and Ethan Coen, 1998)
The Virgin Suicides (Sofia Coppola, 1999)
Almost Famous (Cameron Crowe, 2000)
Memento (Christopher Nolan, 2000)
Requiem for a Dream (Darren Aronofsky, 2000)
Bully (Larry Clark, 2001)
Donnie Darko (Richard Kelly, 2001)
The Royal Tenenbaums (Wes Anderson, 2001)        
Punch-Drunk Love (Paul Thomas Anderson, 2002)
Before Sunset (Richard Linklater, 2004)
Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry, 2004)
Me and You and Everyone We Know (Miranda July, 2005)