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dimanche 24 avril 2011

A Tale of the Hipster


Chers tous,

Si je vous dis "bobo", vous me répondez... Pansement? Wrong! La bonne réponse est bourgeois-bohème bien-sûr! Le bobo ultime pourrait être incarné par le Parisien de la rue de Charonne (enfin côté Bastille, faut pas déconner non plus!), celui qui n'a de réellement rebelle que la mèche de cheveu, et qui arbore une tenue déjà froissée-trouée avant même d'avoir été jamais portée, nonchalamment accessoirisée par une clope au bec et, surtout, un café Starbucks à la main, puisque, vu de la France, la destination bobo par excellence est New York, New York! Et, indeed, le bourgeois-bohème parisien a tellement profité de la belle époque où l'euro était beaucoup plus fort que le dollar, il a tellement traîné ses guêtres made in Comptoir des Cotonniers le long de Bleeker Street, Prince Street, Orchard Street et Bedford Avenue que ça devait finir par arriver... le bobo a réussi à s'inviter dans les pages du prestigieux New York Magazine, l'hebdo qui décrypte toutes les tendances politiques, économiques et culturelles de la grosse pomme !

NY Mag, pour les intimes, est devenu mon compagnon de route indispensable dans le métro, et remplace presque à merveille ELLE pour le fun, et Télérama pour le fond. Cette semaine, pour son édition "internationale" annuelle, on y trouve un portrait de la capitale française, version "Not For Tourists"... Un travail journalistique digne d'un instantané de Cartier-Bresson version 2011, qui m'a fait un plaisir fou parce qu'avec mes bientôt trois ans à New York, je suis au moins autant branchée sur ce qu'il se passe au cœur de Paris que les habitants du 16e: ) Et comme toujours, le magazine ne déçoit pas, tout y passe: Marine Le Pen, Martin Parr à la Goutte-d'or, Le Baron et... le bobo, donc, sous la forme d'un "illustrated guide"! Je tenais à souligner cet exploit parce que, même pour les sociologues français modernes, le bobo est un concept pratiquement indéfinissable, un paradoxe intrinsèque, puisqu'on peut difficilement associer deux entités plus opposables que le bourgeois et le bohème!

On rencontre le même problème de définition avec l’équivalent du bobo aux États-Unis, une créature urbaine typiquement new yorkaise, et plus particulièrement brooklynite: j'ai nommé le hipster. Un concept pourtant devenu ici tellement familier que le New York Times a demandé à ses journalistes d'en refréner l'usage dans leurs pages! Le hipster, tout comme le bobo, se démarque à première vue par ses choix vestimentaires ultra-stylés et androgynes, que l'on pourrait qualifier de "rétro-gardistes" (beaucoup de vintage) mais, à la différence de Paris, le hipster garçon ou fille est souvent couvert de tatouages (cela m'a absolument sauté aux yeux lors de mon arrivé New York à l'été caniculaire 2008)... Le hipster possède un tempérament d'artiste, ou tout au moins de créateur de tendances, et un comportement alternatif, sans être asocial. A la fin de mes années collège, avant même d'avoir mis les pieds à New York, et encore moins à Brooklyn, mon obsession pour Leonardo DiCaprio et les surfeurs a commencé à s'estomper, et j'ai développé un faible pour Jared Leto et "tous ces Américains qui ont l'air cool" (le terme "hipster" n'avait pas encore envahi le langage courant à l’époque). Je lisais déjà les récits trash d'Hubert Selby Jr. (l'auteur de Requiem for a Dream), et j’étais fan absolue du premier film de Sofia Coppola, Virgin Suicides. A chacun sa crise d'ado n'est-ce pas!

C'est pourquoi quand je suis arrivée pour de bon sur la côte Est des États-Unis pour faire une année d’échange universitaire, j'ai eu du mal à trouver mes marques parmi les Américains cliché-esque que je côtoyais sur le campus, car ils ne ressemblaient pas du tout à Jordan Catalano! Carrure de footballer (à ne pas confondre avec la taille fine du joueur de "soccer"), fringues informes aux couleurs de l'école, et tongs en plastique même par temps de pluie, étaient de rigueur. Alors, sans surprise, les étudiants qui m'ont immédiatement tapé dans l’œil étaient les plus "hipster" d'apparence. Chez les filles, il y avait la célèbre J. du cours d'histoire d'art moderne, l’étudiante aux mille chapeaux et au sac de gym en nylon qu'elle utilisait comme cartable bien avant qu'American Appareil ne lance la mode. Chez les garçons, je guettais ceux qui arboraient sur la promenade principale du campus un signe certain de hipsterism aigu: le pantalon retroussé sur un mollet (mais attention, un seul mollet!)... tous ceux qui possèdent un vélo en ville savent de quoi je parle! Bien sûr, tout cela ne constituait que des indices superficiels, et après la phase d'observation, il était temps pour moi de passer à l'action!

J'ai rapidement jeté mon dévolu sur A., un petit Californien aux boucles d'or qui trimbalait constamment son appareil photo Olga en bandoulière. Nous n'avions aucun cours ou amis en commun, mais je comptais au max sur ma French touch pour lui laisser une impression mémorable lors de notre première rencontre au labo photo. Pari réussi sans trop de difficulté, sachant par exemple qu'il me suffisait de ne pas m'habiller en pyjama et veste polaire en public, comme la plupart des autres étudiantes, pour passer pour une fashionista locale! Le campus était un tout petit monde et j'ai vite appris à tomber "par hasard" sur A. à la sortie de son cours de philo, à la section audiovisuelle de la bibliothèque, ou encore à la terrasse d’Au Bon Pain café…

A chaque fois, mon hipster avait l'air ravi de me voir et mon côté fleur bleue interprétait dans ses attentions des signes qui ne trompaient pas: il m’embrassait sur les joues plutôt que de me faire un hug basique à l’Américaine, il me recommandait tel ou tel prof pour le deuxième semestre, il me proposait même d’emprunter un de ses appareil reflex qu’il n’utilisait plus pour mes travaux du cours photo… Mais je commençais à m'impatienter et,  pour accélérer un peu le processus, je décidais de tenter une approche oh-so-hipster : j’acceptais l’offre de prêt d’appareil photo de A. en coinçant un petit message écrit de ma plus belle plume sur son vélo. En conséquence, j’obtenais son numéro de téléphone et décidais de lui proposer de se joindre à mes amis des quatre coins du monde lors de  l’une de nos prochaines virées de groupe. Je donnais à A. l’embarras du choix : soirée en boite downtown  le jeudi ; soirée tranquille dans le seul bar du campus interdit aux moins de 21 ans le vendredi ; pre-game chez Pablo l’Espagnol puis fraternity party chez Pablo le Colombien le samedi ; ou brunch le dimanche (clairement, j’ai atteint mon pic en terme de sorties nocturnes lors de mon année à l’étranger !) A. était toujours aussi aimable avec moi mais ne s’est jamais joint à nous...

Entre temps, j’avais rencontré celle qui allait devenir pour les années à venir ma meilleure amie américaine, une étudiante qui détonnait sur le campus sans pour autant partager de points communs avec le groupe des hipsters, si ce n’était un intérêt pour le yoga bikram ! Contrairement à A.,  elle s’était intégrée avec enthousiasme dans la bande des étudiants étrangers. Et, particularité tout à son honneur dans une Université dominée par une école de commerce et une école de médecine, elle s’était spécialisée dans un domaine qui allait se révéler fort utile pour moi : l’anthropologie. En effet, elle était devenue très perceptive et, comme on dit en Anglais, she could read people very well… Lorsque nous étions assez proches pour que je lui fasse part de mes frustrations avec A., je lui expliquais que je ne comprenais pas pourquoi il ne semblait pas désireux de mieux me connaitre ou de rencontrer mes amis. Elle ne prit pas de gants pour m’annoncer qu’elle le trouvait "obnoxious" (prétentieux). Surprise par ce commentaire, je lui répondis que j’avais interprété son détachement général comme un aspect zen de sa personnalité "hipster". Aussitôt, elle me délivra le coup de grâce : « Marion, can’t you see ? He’s not a real hipster ! » Elle continua son explication (je traduis) : « Il vient d’une famille très riche, se donne plus de mal que nécessaire pour se détacher de la masse des étudiants qui sont pourtant issus du même milieu privilégié que lui, il se croit supérieur aux autres… c’est un faux hipster ! » Un faux hipster ? Mais c’est bien sûr !

Soudain je me demandais comment j’avais pu avoir un faible pour A. tout ce temps ! Je réalisais que son aura de coolitude était savamment travaillée à coup de chemises en flanelle à la Kurt Cobain, le désespoir en moins et le prix exorbitant en plus ; et que, s’il faisait du vélo, ce n’était sans doute pas pour préserver l’environnement mais plutôt pour ne pas avoir à dire bonjour aux moutons qui se rendaient en cours à pieds, comme tout le monde. Ma dernière rencontre avec A. acheva de me convaincre que mon amie avait vu clair dans son jeu. Nous étions sur le point de finir l’année scolaire et, peut-être parce que c’était désormais moi qui l’ignorais (ce qui avait dû froisser un tantinet son ego), A. m'interrogea sur mes projets futurs d’un air presque sincèrement intéressé. J’évoquais alors mon envie de continuer à étudier l’histoire du cinéma américain et mon projet professionnel fraîchement défini de travailler dans une institution culturelle. A. semblait perplexe. Après quelques instants de silence, il me demanda le plus sérieusement du monde « Mais Marion, vraiment, qu’est-ce que tu veux faire dans la vie ? »… Je n'aurais pas dû être surprise et juste m'éclipser à ce moment-là, mais j'étais curieuse de savoir ce que A. lui allait faire de sa vie après la fin de ses études. Il commença à me parler d'une retraite dans le Colorado pour être plus proche de la nature et de continuer à faire des photos, bla, bla bla. Peut-être qu’A., était sincère. Ou peut-être qu’A. venait de lire Into the Wild. Laissons-lui le bénéfice du doute…

Quelques mois plus tard, je déménageais à New York, la capitale de la planète hipster par excellence, bien décidée à ne pas me faire avoir une deuxième fois…

Dans un article à venir très prochainement sur ce blog, je vous ferai part de mes astuces pour distinguer le vrai hipster… du faux ! (Et en bonus, ma traditionnelle liste de films liés au sujet)

mercredi 23 mars 2011

Who's Afraid of Elizabeth Taylor?

Elizabeth Taylor and Richard Burton, Photo:  Life Magazine

Chers tous,

Elizabeth Taylor, so long. Elle était l’une des dernières légendes vivantes du cinéma classique hollywoodien, et mon côté cinéphile nostalgique en a pris un coup aujourd’hui. J’ai découvert ses “yeux violets” en Technicolor dans le film Ivanhoé que mon frère et moi nous repassions en boucle étant enfants. Quelques années plus tard, je me suis penchée avec attention sur certains autres des films qu’elle a tournés dans les années 1950. Si vous n’avez pas encore vu Cat on a Hot Tin Roof, il n’est pas trop tard pour bien faire ! Je me permets de publier ici un extrait de mon mémoire de fin d’études qui portait sur l’image de la femme au foyer dans le cinéma américain de l’après-Seconde Guerre mondiale. Cela ne vous surprendra peut-être pas de lire que la personnalité de la femme aux huit (!) mariages a transcendé des personnages de “femme de” qui lui étaient offerts à l’époque. Elizabeth Taylor restera pour moi une figure de l’anticonformisme féminin, une desperate housewife qui ne se laissait pas faire…

Le poids des dynasties sudistes : Produire un héritier

Dans Cat on a Hot Tin Roof et Giant, Elizabeth Taylor incarne une jeune épouse devant s’intégrer dans la famille étendue de son mari, et dont la tâche suprême est de prolonger la descendance.

Dans Cat on a Hot Tin Roof, Elizabeth Taylor joue Maggie, la femme d’un héritier d’une famille du sud, Brick Pollitt (Paul Newman). Si elle est capable de tenir tête à son époux, de le provoquer et de le défier pour tenter de le faire sortir de sa torpeur alcoolisée, ses rapports avec son beau-père son plus traditionnels. D’un côté, elle voudrait le satisfaire et tomber enceinte, ce qui par ailleurs prouverait que son mari a encore du désir pour elle. De l’autre, elle méprise profondément la seconde belle-fille de la famille Pollit qui a accouché de cinq enfants insupportables et qu’elle surnomme le “monstre de fertilité”. Maggie est prête à tout pour reconquérir les faveurs de son mari. Elle tente même de le rendre jaloux en flirtant avec le pater familias que tout le monde surnomme Big Daddy (Burl Ives). Mais celui-ci ne voit en sa belle-fille séductrice, Maggie “the cat”, qu’une mère potentielle : « Si c’est moi qui avait été marié à toi pendant trois ans, tu aurais eu la preuve vivante de mon amour, trois gosses et un quatrième dans le tiroir ! ».

Chez les Pollit, sexualité rime avec fécondité, c’est pourquoi Maggie détonne dans le paysage. Elle est incroyablement aguicheuse mais reste sans enfants. Le film fait planer des doutes sur la “virilité” de Brick, mais du point de vue des parents de ce dernier, c’est la faute de Maggie. Big Momma (Judith Anderson) lui demande avec rudesse : « Brick a commencé à boire depuis qu’il est marié. Est-ce que tu rends ton mari heureux ? ». Ce à quoi Maggie la rebelle répond aussitôt : « Et moi alors, personne ne me pose la question ? ». Mais la belle-mère de Maggie insiste : « Quelque chose ne va pas. Tu n’as pas d’enfants et mon fils boit ! Quand un mariage fonctionne, c’est au lit ! ». Ce genre de commentaire peut faire penser aux pressions qui s’exerçaient sur les épouses des rois d’Europe pour procréer à tout prix et donner naissance à un fils. Pourtant, l’autre belle-fille Pollit n’est pas choquée par cette vision rétrograde de la maternité : « Je suis fière de pouvoir dire qu’il y a une dynastie prête à prendre le relais grâce à moi ! ».

Dans cette famille aux valeurs traditionnelles, l’obsession des grands-parents est leur descendance, mais, paradoxalement, Big Daddy ne peut pas supporter les petits-enfants déjà venus agrandir la famille. Il semble toujours dans l’attente d’un héritier qui pourra assumer pleinement le nom familial et compte sur Brick et Maggie. Le couple a donc la charge importante de perpétuer la descendance, mais ne peut mener à bien cette tâche. Brick demande ainsi à sa femme : « Et comment tu vas faire avec un homme qui ne peut pas te supporter ? ». Maggie lui répond : « C’est mon problème ! J’y travaille… ». Finalement, la pression est si forte que Maggie fait le mensonge pieux d’une grossesse imaginaire, renouant par la même occasion avec son époux. 

Dans Giant, Elizabeth Taylor incarne à nouveau une épouse qui doit apprendre à vivre dans une famille aux valeurs conservatrices. Elle interprète Leslie, une jeune femme issue de la bonne société de la côte est des États-Unis. A la suite de son mariage avec Bick Benedict (Rock Hudson) qui possède un ranch au Texas, elle déménage et tente de s’adapter à un environnement initialement hostile. En effet, la soeur de Bick, Luz (Mercedes McCambridge), a du mal à s’accommoder de cet élément intrusif. Mais Leslie ne se laisse pas faire : « Je ne peux pas être une invitée dans la maison de mon propre mari ! ».

Elizabeth Taylor dans Giant (Warner Bros. Pictures) 

Cependant, elle abandonne volontairement une partie de son indépendance : acte symbolisé par l’exécution de son cheval, indomptable, qui a causé la mort de Luz. Elle essaye ainsi de faire plaisir à son époux, même si celui-ci a des vues assez réactionnaires sur la place des femmes en société. Par exemple, lorsque Leslie essaye en vain de prendre part à une conversation politique, elle est rapidement découragée : « Messieurs, vous vous comportez comme des hommes préhistoriques ! Qui a-t-il de si masculin dans votre sujet de discussion pour qu’une femme ne puisse intervenir ? ». Bick est très en colère que sa femme ait ainsi empiété sur son autorité.

Elizabeth Taylor dans Giant (Warner Bros. Pictures)

Néanmoins le couple trouve rapidement son équilibre, notamment quand Leslie annonce sa grossesse. Cette prérogative féminine constitue un devoir, mais surtout un pouvoir, réservé aux femmes. Le personnage joué par Elisabeth Taylor réussit à s’imposer face à Bick, mais son domaine d’intervention reste limité : les quartiers pauvres non loin du ranch et l’intérieur de leur maison. Même si, pour reprendre la remarque de Peter Biskind à propos de Pillow Talk, ce domaine n’est pas totalement insignifiant : « La décoration intérieure devient une métaphore de la capacité d’une femme à transformer un monde masculin, à modeler ses valeurs à son image à elle. »1. L’auteur ajoute que le film Giant célèbre la décrépitude du système patriarcal. Comme Bick finit par le dire à sa femme à propos de leur vie commune ou de l’éducation des enfants : « Fais comme bon te semble… »

Dans ce film, Elizabeth Taylor se rapproche autant que possible du modèle de la femme rebelle. Elle est capable de s’adapter lorsqu’elle devient membre d’une famille aux traditions ancestrales, sans pour autant renoncer à son droit d’émettre une opinion anticonformiste. Elle réussit à infléchir les idées conservatrices de son mari, accompagnant ainsi la transformation de la dynastie Benedict : la deuxième et la troisième génération ont une plus grand ouverture d’esprit. Dans les années 1950, Elizabeth Taylor réussit peut-être à reprendre le flambeau d’un certain type de personnages féminins, affirmés, indépendants qui semblaient avoir disparu des écrans depuis les années 1930. Dans les années de guerre froide, elle fait parfois figure d’exception, réussissant par exemple à incarner une héroïne qui ne plie jamais face aux hommes qui l’entourent dans A Place in the Sun, Giant, Cat on a Hot Tin Roof et Suddenly, Last Summer. Marjorie Rosen affirme que:

seule parmi les jeunes épouses, elle servit de figure positive sur grand écran pour le public féminin, incarnant une jeune femme aimante capable d’exprimer ses besoins et ses désirs. […] Et c’est cet ego, cet impatience, et cette implication personnelle, qui détonnaient avec les personnages trop parfaits de martyrs désintéressés… sanglotant et soufrant pour les hommes plutôt que pour elles-mêmes2.  

1. BISKIND, Peter, Seeing is Believing: How Hollywood Taught Us to Stop Worrying and Love the Fifties, New York, Henry Holt, 2000, page 290-291.
2. ROSEN, Marjorie, Popcorn Venus: Women, Movies and the American Dream, NewYork, Coward, Mc Cann and Geoghegan, 1973, page 264. Citée par BYARS, Jackie, All that Hollywood Allows: Re-Reading Gender in 1950s Melodrama, Chapel Hill, the University of North Carolina Press, 1991, page 98. 

Rétrospective:  "Who's Afraid of Elizabeth Taylor?": 
Father of the Bride (Vincente Minnelli, 1950)
A Place in the Sun (George Stevens, 1951)
Ivanhoe (Richard Thorpe, 1952)
Giant (George Stevens, 1956)
Cat on a Hot Tin Roof (Richard Brooks, 1958)
Suddenly, Last Summer (Joseph L. Mankiewicz, 1959)
Who's Afraid of Virginia Woolf? (Mike Nichols, 1966)

samedi 19 février 2011

The Joys of Writing


 Chers tous,

Not blogging in French today. Let’s see if I can do this again. Writing. In English. Not too badly.

I am actually having a not so great week at work and I am trying to take my mind off of it. My favorite American reminded me last night of the joys of writing, of how it can be a simple way to make one self feel better. And as always, he is right!

He writes a lot himself, that’s part of what he does, and that’s actually how we met (so clearly, the joys of joys of writing!). Almost everyday I hear him say “I’m gonna do some writing”, and I am reminded that I absolutely love to write! So counting on the fact that maybe I’m not terrible at it, I started this blog. In French, and now in English, pour le plaisir du plus grand nombre: )

As far as I can remember, writing has felt pretty natural to me. When I was a kid in France—I  don’t how it works in American schools these days with computers and all that—I was always excited when, from time to time, we would have a couple of hours of class blocked for “Rédaction”. The teacher would give us a subject, or the beginning of a story we’d had to finish, we would took out our best “plumme”, and voilà! Literally, we had fountain pens. Growing up I never touched a pencil outside of a geometry, drawing, or geography class, and so I always feel surprised when I see an American co-worker of mine taking notes with a pencil at a staff meeting. Hence two very important elements of the ritual of writing in a French class (in the 1990s at least!): the cahier de brouillon and the effaceur. The first one is to write down ideas as they come, and maybe an outline, or a first draft, always in ink! And the second tool is kind of magic when you think about it. You would pull it out if you had made a mistake in the process of carefully writing your final draft on the good paper (copie double perforée, as we call it) and it would allow you to erase the ink, and rewrite over it! Fabulous right?

I also had pen pals as far as the mountains of France, and even Russia. And diaries. My first one was a very nice notebook with a hard cover illustration of a cat that I got when I was 10, and still in my cat phase. (Then dogs eventually took over.) My notebooks started piling up and my written diary actually became a video diary when I reached my high school years and I had so so so so so much crucial things that I wanted to remember from those speed of light moments. I didn’t actually have the time to write as much as I needed anymore so, yep, I started to film myself (one day I will be happy to have those tapes I’m sure!)

After high school, I moved to Paris where I started “preparation school” (classes préparatoires). It’s hard to explain what it is because it’s definitely one those vestiges of French exceptionalism, an old tradition of the intellectual elite. I didn’t want to go at first, but then I decided not to take it too seriously. What I mean by that is not making myself over-worry about it, which can happen… on the first day of going back to school, our class was informed that we would be pushed to our limits and that we should be supportive with each other since they had had a student commit suicide the previous year. Yeah, welcome to prépaPrépa is basically a two year program, very intensive. You have no time for anything else than going to class, taking all of the written and oral tests, and studying some more when you get home, 6 days a week (Sunday is the only day when you can sleep later than 7 am). It’s supposed to be a rite of passage, and the most direct entry way into the best schools in France. I only did one year and achieved what I wanted to achieve next. But let me tell you, that one year was mind-blowing, actually no, let me rephrase, brain-blowing. (Some masochists sometimes do 3 years of préra, it gets addictive I think, as a military style cocoon between high school and college life). I learned so much and some of the professors really influenced my way of thinking about subjects that I have been really interested in ever since: history, sociology, American studies (although I can’t really give them credit for that, as I already had been bitten by the US love bug when I was 15).

Other than simply “surviving” that very challenging program, there is one thing that really stands out in my memories of prépa: six hours long dissertations, in class. Yes, for some subjects (like my favorite, French history), we would be given a one sentence question and six hours to write an intelligent, well-argumented, well-constructed, and well-illustrated dissertation. I mentioned the French thing about no pencils before, well I just realize now why we had so little use for them, we never did multiple choice tests! Instead, we had to write, write, write. A six hours long test with no interruption (only for bathroom breaks, and they brought us food when noon would come) sounds hard I know, and it was, but it was also totally exhilarating. Most people stayed for the duration of the whole thing because we had absorbed so much in class and mandatory readings that we had a lot to say! For one hour to one hour and a half, we were “forbidden” to redact. We had to think really hard about the subject, gather ideas, and build an outline. Then finally, we would write: four hours of scribbling, and this goes without saying, in ink! One dissertation topic that I remember as clear as day was “World War I and the French Third Republic: apogée ou rupture?” (Google Translate suggests “peak or break”, it doesn’t sound as inspiring in English I must say!) Christmas break 2002 never felt so good, because I can say I truly knew the meaning of a break then!

A few years later, after college in France and in the US, and countless papers on countless subjects, I was confronted with the biggest writing assignment of my life so far: a 80 pages long thesis for my French history “seminar” in order to validate my first year of masters (which, by the way, means longer than 80 “American” pages, since the spacing was 1.5 and not 2.0, like most US colleges require). I was scared by the task, but excited by my chosen subject. And that’s when I discovered that I liked writing my thesis. The fact that it was a real pleasure surely has something to do with the support and encouragements from my parents. I was staying at their house that summer, a real haven for any wannabe writer, with the old dog and the fire place and the garden table and the walks along the sea!

Now that I am not a student anymore, I am a bit nostalgic for that time of my life when everything was so structured, while I was still my “own boss”. And I was so productive! With weeks of research and readings already under my belt, and after assembling all my notes and quotations into a very detailed outline, I was ready to write. I started from the top (Première Partie, I, A, 1, a) and three weeks later, I hit the bottom (the bottom of a very long Word Doc to be precise!) I could see the page count go up every day. I had a good “rythme de croisière” because I had defined a routine schedule that worked for me. I even took up running, even though I used to despise it with passion (remember gym classes in middle school?). So clearly, writing is good for the body and soul! My days would go as follow: after breakfast with Télérama, jogging with Snoopy, and checking babyrazzi.com with no shame, I would get started, write a few pages, have a long lunch break with my parents and café, write a few more pages, and enjoy my evenings off, usually watching a movie. I wouldn’t do that every day for the rest of my life but it was… so good. Monastic, pleasurable, rewarding. For my second, 100 pages long (yes!) thesis, I was staying in Paris, but I stuck to my self-imposed discipline. I had much more friends around, so sometimes I had to say no. A temporary sacrifice that paid off since I finished when I needed to and managed to impress my advisor with my efficiency: she told me I was her first student to turn the work in, before the deadline. Everybody was pretty happy about the result, but thinking back now I realize that, as my favorite American likes to say, it was about the journey, not the destination.

As with any good dissertation, I will now have a few words of conclusion and say that writing did not improve my typing skills, hélas, (and here I will have to incriminate the French education system for once), but like Winifred Gallagher I believe it increased your general sense of focus and happiness. Writing is cool, dude, I highly recommend it.

Rétrospective: "The Joys of Writing": 
Sunset Blvd. (Billy Wilder, 1950)
Misery (Rob Reiner, 1990)
Barton Fink (Joel Coen, 1991)
The Player (Robert Altman, 1992)
Adaptation. (Spike Jonze, 2002)
The Hours (Stephen Daldry, 2002)
Capote (Bennett Miller, 2005)
The Ghost Writer (Roman Polanski, 2010)