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dimanche 25 octobre 2015

Comme un poisson dans l'eau (nommé Wanda)


Chers tous,

Deux mois depuis mon déménagement à Londres. Deux semaines depuis mon emménagement dans mon nouvel appartement. Deuxième article depuis le retour de Marion en V.O... here we go!

Mes voyages précédents à Londres m'ont toujours laissé une impression favorable. Après dégustation de mon tout premier carrot cake je me suis dit : "je POURRAI vivre ici". Post-bac je me suis même inscrite à la Uni (comme on dit ici), mais j'ai suivi d'autres chemins qui m'ont donné l'opportunité de passer des mois, puis des années, aux Etats-Unis. Là-bas je ne pensais plus vraiment à Londres, j'étais tellement heureuse d'être à New York, ville où après dégustation de mon tout premier bagel je me suis, "je DOIS vivre ici".

Londres n'est donc pas une passion, une évidence, mais a toujours été dans le haut de mon classement personnel. Notamment car c'est un parfait compromis entre l'Europe et l'Amérique - je trouve. Et même si je ne voue pas la même obsession à la culture anglaise qu'à la culture américaine, je suis arrivée ici avec quelques bases. La preuve par l'exemple :

J'ai grandi avec les écrits de J.R.R. Tolkien, Enid Blyton, Roald Dahl, Agatha Christie, et David Lodge, dans cet ordre.

Dans ma famille, les long trajets sur l'autoroute des vacances étaient rythmés par la musique des Beatles (comme tout le monde, me direz-vous) et de Fat Boy Slim (moins comme tout le monde).

Pendant mon année de prépa, mon prof d'anglais a réussi à me convaincre que je devais absolument m'abonner au Guardian Weekly, dont acte.

J'ai vu les Stereophonics, Oasis, Coldplay, et les Artic Monkeys en concert. Mais, à mon grand regret, jamais les Spice Girls (tout espoir n'est pas perdu, mais ma réputation, si).

This Is England, Sweet Sixteen, Control, The Red Shoes, If... j'encourage la création cinématographique britannique, même s'ils ne sont pas les pro du happy ending.



Heureusement Mr Bean et les Monty Python m'ont toujours beaucoup fait rire.

Je suis fascinée par tous les films de Kate Winslet (enfin surtout ceux avec Leonardo DiCaprio, il faut bien l'avouer).

Mon premier food guru est Jamie Oliver. Et je maintiens qu'on mange mieux à Londres qu'à Paris (via Israël, merci monsieur Ottolenghi).

Mon parrain est anglais (et n'est donc pas dans la mafia), et j'ai deux cousines mariées avec des Anglais. Ces occurrences n'ont causé aucun problème, ni dans la branche française, ni dans la branche irlandaise de ma famille (même si le prêtre n'a pas pu s’empêcher de faire quelques blagues).

Je suis allée plusieurs fois à Jersey (ne pas confondre avec New Jersey qui n'a pas le même charme), rien que pour pouvoir renouveler ma garde robe chez Topshop, Next, Boxfresh... et rendre mes copines jalouses.

J'ai passé l'année de quatrième à manger des œufs-bacon chaque matin au petit déjeuner.

J'ai passé ma dernière année d'études à Lyon avec un colocataire anglais qui mangeait de la vegemite chaque matin au petit déjeuner (il se reconnaîtra).

J'étais presque autant excitée qu'Emilie (elle se reconnaîtra) quand Marks & Spencer a rouvert à Paris.

Des millions d'Anglais sont émus tous les ans le jour de l'anniversaire de ma mère (qui coïncide avec l'anniversaire de mariage de Will et Kate).

Ma série préférée du moment est Catastrophe. Je vais pouvoir regarder la deuxième saison avant tout le monde (comprendre avant les fans en France et aux USA) en direct sur Channel 4, et je me sens totalement privilégiée.

Je fais de la lemon curd maison, et je maîtrise aussi cet autre plat typique de la cuisine britannique, le curry.

Je vous ai déjà dit à quel point j'aimais la bière ?
...

Après avoir compilé cette liste, je comprends mieux pourquoi je me sens totalement comme un poisson dans l'eau à Londres (une autre explicitation possible : je suis née en mars, mais je ne crois pas à l'astrologie).

Malgré tout, j'ai encore beaucoup à apprendre (on en reparlera), perspective qui me motive tous les jours à garder les yeux et les ouïes grand ouverts, et à faire répéter la caissière de Tesco quand je ne comprends pas tout ce qu'elle dit (voir article précédent).

Et vous, qu'est ce qui vous connecte à Londres et au Royaume-Uni ? Je lirai assidûment vos commentaires sur ce post ou les réseaux sociaux :)



PS : J'ai oublié un fait marquant. Quand j'avais dix huit ans j'ai pris un Brittany Ferry toute seule et je me suis fait un compagnon de voyage, un Anglais qui m'avait sérieusement tapé dans l'œil. J'étais assez timide à l'époque, mais comme le trajet en bateau durait six heures, au bout de trois nous avons enfin échangé nos numéros de téléphones portables. Nous n'avons pas gardé le contact très longtemps mais, Mitchell Taylor (l'un des milliers à porter ce nom), si par hasard tu lis ce blog, je te dois un Coca-Cola.

Rétrospective "Comme un poisson dans l'eau (nommé Wanda)" :
A Fish Called Wanda (John Cleese et Charles Crichton, 1988)
Sweet Sixteen (Ken Loach, 2002)
Control (Anton Corbijn, 2007)
Catastrophe (série TV UK)

samedi 3 octobre 2015

Keep moving, keep left



Chers tous,

Il y a exactement un mois à l'heure où j'écris ces lignes, j'ai décidé de m'expatrier - encore. Mais cette fois, dans un pays où l'on parle anglais sans l'accent américain...

Sur Marion en V.O, vous avez pu lire mes découvertes, mes obsessions, mes incompréhensions, les hauts, les moins hauts... tout ce qui a fait ma vie à New York. Et puis, je suis rentrée. C'est le récit de mon licenciement "comme dans les films" qui a été le plus lu et commenté. J'ai été contactée par une charmante journaliste qui m'a interviewée comme une vieille amie pour un magazine. J'ai récemment encore été sollicitée par une présentatrice RADIO, qui ne m'a ensuite plus jamais donné de nouvelles car "on ne fait que des interviews DE VISU". Mais ce n'était qu'un des articles du blog, qu'une infime fraction de mon expérience dans la grosse pomme. Je m'en suis remise. Cet été je suis même retournée sur mon ancien lieu de travail lors d'un "voyage" à New York. L'eau coule sous les ponts, le temps adoucit la peine, blah blah. OK, mais en V.O, on dit "distance makes the heart grow fonder". Le manque est toujours là. Si vous suivez ce blog et ses déclinaisons sur les réseaux sociaux, vous savez que, comme le chante Ryan Adams : "I'll always love you though New York". Quand je suis partie il y a bientôt trois ans, je suis montée dans l'avion avec 100 kilos de bagages pour un one way trip. Je me suis promise que ce n'était qu'un au revoir. Mes grosses valises ont trouvé leur place à Paris, moi un peu moins. Je ne sais pas si j'ai jamais vraiment atterri.

En France, j'ai investi ma nostalgie dans mon quotidien, because there are some things I just cannot live without! Je suis toujours abonnée à New York Magazine ; j'ai appris à faire des bagels maison ; je bois du cold brewed iced coffee et de la Brooklyn Lager ; les seules additions récentes à la déco de mon appartement sont des Mason jars géantes ; je suis obsédée des podcasts Heritage Radio Network ; mon appli favorite pour iPad est Netflix, et donc je regarde beaucoup, beaucoup de séries TV new yorkaises - on en reparlera. J'ai aussi, et surtout, retrouvé ma famille et mes amis qui m'ont donné l'espace pour essayer de reprendre mes marques ; qui ont joué le jeu des repas de Thanksgiving à Paris et des BBQ en Bretagne ; qui m'ont offert des vacances à New York inoubliables (parce que revoir ses amis là bas et redécouvrir la ville sous un autre jour, ça n'a pas de prix) ; qui m'ont souvent dit "tu sais Marion, Paris c'est pas mal", mais qui n'ont jamais corrigé mon franglais. J'en profite pour vous dire MERCI, vous vous reconnaîtrez.

Mais je n'ai pas repris la plume sur ce blog pour vous parler de New York. Je vous emmène à Londres ! Mon nouveau chez moi qui partage plusieurs traits fondamentaux avec la grosse pomme : Whole Foods, Brooklyn Bowl, le resto Balthazar (copie confirme de celui de Spring St.), les hipsters, les petits déjeuners copieux, les joggers du dimanche (et du lundi, et du mardi...), les loyers exorbitants. Et surtout, qui a un gros avantage. Au moment même où la crise des réfugiés faisait la une des journaux, au moment même où je commençais à lire Americanah, une histoire de Nigériens immigrants plus ou moins légaux, je suis arrivée à la Gare du Nord avec mon passeport encore remplis de visas US, j'ai souri à l'agent des douanes qui m'a fait un compliment et qui ne m'a pas demandé si j'allais au Royaume Uni pour des vacances ou pour chercher un travail, et j'ai traversé une frontière, tout simplement. En espérant que cela diffuse la question inévitable (et compréhensible) : Pourquoi tu n'es pas repartie à New York ? Premièrement je dirais, comme Ernest à Célestine, "La pluie n'a jamais tué personne". J'ajouterais, comme dirait la tortue au lièvre "Rien ne sert de courir ; il faut partir à point". Vous voyez, j'ai beau être obsédée par la culture anglo-saxonne, je n'ai pas oublié les classiques de la littérature français (même si apparemment je n'ai pas retenu grand chose passé le CM2).

Me voilà donc embarquée dans de nouvelles aventures, à la découverte des us et coutumes d'un pays si proche, et si lointain. Mind the gap, débarquement immédiat sur Marion en V.O, avec l'accent British. It´s been too long, innit?

Alors j'ai déjà beaucoup de choses à vous dire mais, par souci d'efficacité, et pour publier des billets plus souvent sur ce blog, je ne vais pas tout vous raconter maintenant. Commençons simplement par un petit exercice de lost in translation.


Car l'une des premières choses qui m'a frappée ici c'est l'impression de devoir re-apprendre une nouvelle langue alors que je maîtrise déjà l'anglais (l'américain). Il y a d'abord la question de l'accent. Certes, j'ai encore parfois du mal à comprendre à 100% ma tante irlandaise au téléphone. En revanche, plus aucun problème avec les cousins de ma génération, nous sommes sur la même longueur d'onde (même/surtout) après ingestion de multiples Guinnesses. Je pensais donc que j'étais prête à traverser la manche, mais ces premières semaines à Londres me donnent l'impression de faire marche arrière vers un temps où mon anglais n'était pas aussi fluent, et c'est un peu frustrant. Comme cure de rattrapage je vais regarder Downton Abbey, sans les sous-titres en anglais, après je passerai à Snatch. Et puis le vrai test ce sera d'aller voir de la stand up comedy ici. Si je maîtrise un jour l'accent, les référents culturels, ET l'humour local, je pourrai ajouter une quatrième langue sur mon CV, le britannique !

Par contre j'aime le fait que les gens n'arrivent pas à me placer. Comme mon anglais a des échos d'accents français et américain, aux US on devinait que j'étais française (mais mes interlocuteurs s'empressaient d'ajouter "Your English is so good!"). Ici les gens sont plus confus, surtout si je précise que je suis franco-irlandaise.

Pendant cette phase d'adaptation, j'ai donc commencé à prendre quelques notes to self, je pense que c'est rendre un grand service à la blogosphère, que de les partager ici. So, here we go.

A New York on dit : "Hello, how are you?" (éventuellement "Wassup?")
A Londres on dit: "Hello, you alright?", du coup j'ai l'impression qu'on pense que j'ai tout le temps l'air fatiguée ou malade. Mais non, je vous rassure.

A New York on dit : "Would you like some dessert?".
A Londres on dit: "Would you like some pudding?", du coup j'ai l'impression qu'ils ont oublié le crumble, le carrot cake, le cheesecake etc. Mais non, je vous rassure.

A New York on dit : "I was laid off."
A Londres on dit: "I was made redundant." Bon, dans les deux cas ce n'est pas une bonne nouvelle. Mais non, je vous rassure (j'ai un job !).

A New York on dit : "Amazing!!!"
A Londres on dit: "Brilliant" ou "Smashing" (mais sans point d'exclamation).

Et les deux qualificatifs sont un bon résumé de mes premières semaines ici, alors je vous laisse sur ces belles paroles et vous retrouve très vite. En attendant je vais aller manger un "proper" burger et boire une "honest" beer. Cheers!

Retrospective "Keep moving, keep left" :
Dirty Pretty Things (Stephen Frears, 2002)
This Is England (Shane Meadows, 2006)
The Tunnel (série TV UK)

mercredi 17 avril 2013

In Good Company

Chers tous,

Le mieux pour suivre mes aventures les pieds à Paris et le regard tourné vers New York (je crois même avoir aperçu la Statue de la Liberté de l'autre côté de l’océan atlantique lors de mon dernier voyage en Irlande : ), c'est de me retrouver sur Facebook, Twitter ou Instagram!

See you there!
Marion

mardi 5 mars 2013

Just sit back, relax, and enjoy the ride


 Chers tous,

"Pas de nouvelles, bonnes nouvelles". C'est très certainement ce que vous avez dû vous dire en constatant que je n'ai pas actualisé ce blog depuis mon départ des États-Unis. Moi-même je suis assez fan de ce proverbe, surtout lorsqu'il s'agit de rassurer des amies qui attendent les résultats d'un examen, ou lorsque la semaine dernière je n'ai pas reçu mon ELLE dans la boîte-aux-lettres. (Turns out, je suis une innocente victime du mouvement de grève des messageries de la presse, welcome back to France!). Mais vous me voyez venir, et ceci ne sera pas un article sur le mode, "Ah c’était mieux là-bas !" (je bassine déjà assez mes proches en commençant une phrase sur deux par "Oui, mais les New Yorkais, eux au moins..."), ceci sera un article pour d'abord vous dire merci. Vos compliments et encouragements ici, et même là, m'ont beaucoup touchée et inspirée. Je n'ai pas l'intention de continuer à alimenter un blog sur la vie à New York maintenant que je n'y habite plus—c'est aussi simple que de ne plus sortir quotidiennement des dollars de son portefeuille, de ne pas marcher dans la neige déposée sur Manhattan par Nemo, ou de ne pas regarder les Oscars entre amis en direct à cause du décalage horaire—mais je ne lâche pas la plume (le clavier) et je vous tiendrai au courant...

Vous vous demandez sans doute comment je vis mon retour en France. Et bien, pour être franche, je n'imaginais pas pouvoir être concernée par le "choc culturel inversé". J'ai déjà vécu plusieurs fois aux États-Unis, j'y revivrai peut-être un jour, no big deal. Comme je vous l'ai déjà dit, je suis une bête à deux têtes. Pourtant, comme par hasard, à peine étais-je descendue de l'avion que tout le monde ne semblait que parler des problèmes de ré-acculturation (et ses variantes : la ré-intégration sociale, la ré-insertion professionnelle, la ré-acclimation en région tempérée océanique... le Français revenant de l’étranger souffre de nombreux maux). Moi je réfutais le terme d'impatrié défini par un journaliste du Monde, même si je me retrouvais dans l'excellent article de mon amie The Travelin' Girl. Lorsque, dans mon entourage plus ou moins proche, on me demandait, "Alors pas trop désespérée d’être rentrée ?" (quelle question!), je répondais avec un sourire indulgent, "Non pas du tout !" Moi la maline, je pensais pouvoir échapper aux effets indésirables liés à la fin de mon expatriation new yorkaise, comme j'avais cru pouvoir garder le contrôle lors de ma rupture avec mon ex-Américain préféré.

Ma première stratégie fut de gérer de façon obsessive–compulsive mon départ de New York. Cela m'a demandé beaucoup de temps et d'efforts, but I would not have it any other way. Je n'ai pas mono-maniaquement arpenté The Grid, même s'il fut un temps où, après mon premier emménagement dans le East Village, je pensais que ce serait une bonne idée, pour vraiment découvrir le quartier, que de parcourir de façon systématique chaque rue entre 4th Avenue et Avenue A, et entre Houston Street et 14th Street, soit environ très exactement 56 blocks. Yes, I know. Le jour même de mon licenciement, complètement hébétée mais fidèle à moi-même, j'ai fait une to do liste à deux entrées (selon l'ordre de priorité et par sujets thématiques). Yes, I know. Rien n'a été négligé. J'ai éteint la lumière, j'ai débranché le frigo, j'ai fermé la porte à clé, et j'ai vérifié que j'avais bien fermé la porte à clé... de ma vie à New York. 

Hélas, cette stratégie n'est pas infaillible, et il faudra quand même préciser que, dans ces tous derniers moments avant de partir, ceux qui restent à jamais gravés dans votre mémoire, je n'en menais pas large. Pour vous resituer la scène... Au premier plan, il y avait moi, frantic et trempée de sueur après avoir enfilé tous les vêtements qui n'avaient pas leur place dans l'une de mes quatre valises, après avoir passé rapidement l'aspirateur dans ma chambre par politesse pour sa future occupante, et après avoir tâché de descendre toute seule 100kg (donc) de bagages sur le trottoir. En arrière-plan on pouvait apercevoir mon colocataire, aussi akward qu'à son habitude, auquel j'ai dis au revoir non moins akwardment. Et, déboulant côté jardin just in time, ma new yorkaise préférée, réquisitionnée pour me tenir compagnie dans une SuperShuttle où, pendant tout le trajet jusqu’à l’aéroport, nous nous sommes raconté nos vies comme si nous étions seules au monde (et si vous connaissez le principe de la SuperShuttle, la salle était comble !).  

Au final, j’espère que les Américains me laisseront revenir parce que je me suis comportée comme une "déportée" modèle. Je n'ai même pas protesté lorsque j'ai réalisé que j'allais voyager en "Economy Premium", une upgrade très certainement due à mes quatre valises précédemment citées. J'ai d'abord eu un mouvement de panique en apercevant ce siège bien trop grand et confortable pour moi, convaincue de m’être trompée d'avion. Yes, I know. Une petite coupe de champagne a eu raison de mes appréhensions. Il ne me restait alors qu'une dernière chose à faire avant d'arriver en France, "just sit back, relax, and enjoy the ride".

Ma deuxième stratégie fut de me shooter à la compagnie de mes amis de New York. J’espérais sans doute ainsi qu'ils me manqueraient moins maintenant qu'un océan nous sépare. J’espérais. J'ai d'abord organisé deux brunch chez moi, à une semaine d'intervalle pour être sure que tout le monde soit disponible à l'une ou l’autre des dates. Ainsi, j'ai enfin pu sortir toutes les nappes que ma mère avait jugé indispensable de m'envoyer au fil des années ; j'ai préparé du café dans la French press abandonnée par ma colocataire précédente (French, elle aussi) ; j'ai servi de la brioche maison préparée pour le plaisir (et pour vider mes placards) ; je me suis assise parmi mes invités ; et je n'ai pas vu le temps passer. Deux fois ! 

Les occasions de se voir avant mon départ ont été heureusement bien plus nombreuses que cela, et toutes inoubliables : après-midi entre filles à la Doughnut Plant de Chelsea ; birthday party dans le Meatpacking district ; soirée pizza sur un rooftop de Midtown ; dégustation des célèbres pork buns de Momofuku dans le East Village ; fundraiser pour Obama dans le West Village ; ballade en roller à Prospect Park ; beer and sushi night avec vue sur la Hudson River ; soirée au Brooklyn Bowl  sans mettre une seule quille à terre ; Apéro blog dans le quartier de Bushwick ; French Geek night chez Bubbles à TriBeCa ; cours de cuisine coaché par un ami ; cours de body-pump coaché par une amie ; soirée Halloween sur le thème "orange" à Williamsburg avant Sandy ; bar éclairé aux chandelles dans la "dark zone" pendant Sandy ; potluck dinner près de Central Park pour débriefer après Sandy (pour ceux qui ne lisent pas ce blog, Sandy c'est une amie que j’espère ne plus jamais revoir !) ; Thanksgiving avec ma famille américaine... Il se reconnaîtront. Autant de moments exceptionnels et on-ne-peut-plus quotidiens de ma vie à New York. Alors j'ai fait de mon mieux pour en profiter sans penser au lendemain, à la YOLO comme disent les Parisiens (You Only Live Once). J'ai essayé de ne pas décompter les jours. J'ai oublié de prendre des photos. Je suis arrivée en avance pour fêter ma dernière soirée new yorkaise, paradoxalement encore plus heureuse que lors de ma première soirée dans la grosse pomme, presque 5 ans plus tôt. En 2008, il y avait moi, petite Française déposée en taxi sur Carmine Street avec seulement deux valises (!), déjà émerveillée par la ville, mais riche de beaucoup moins d'amis. I miss you guys.

Ma troisième stratégie fut de faire des choix. Accepter le fait que, si à Hollywood "you're only worth your last movie", à New York, "you're only worth your last meal". C'est-à-dire qu'il est tout simplement impossible de connaître la ville à fond, autant pour les touristes que pour les locaux. Il y a un turn-over constant, et presque effrayant, de nouveaux restaurants à tester, de nouvelles attractions à découvrir, de nouveaux paysages urbains à explorer. Même armés de votre bible TONY, de votre boussole iPhone, et guidés par les apôtres blogueurs (telle l’enthousiasmante Jeanne), vous n'atteindrez jamais le sacré Graal. Au mieux vous aurez réussi à trouver une table libre dans ce restaurant devenu une scene incontournable. Ainsi, le New Yorker est un être un peu delusional, porté jour après jour par une passion intacte à relever ce défi infini et irréalisable, celui de conquérir sa propre ville. Because, what else ? 

Mon temps étant devenu limité, il a donc fallu faire des choix. Je n'ai pas, telle une candidate survoltée de Fort Boyard, rempli de pièces d'or mon T-shirt, les mes poches de mon jean, ET ma culotte. Je n'ai pas essayé de faire tenir New York dans ma valise, pardon, dans mes quatre valises. Cela ne m'a pas empêchée de prendre du temps pour arpenter la ville en long, en large, et en upsate, (je vous recommande chaudement le musée de Beacon), le tout en bonne compagnie, (Clémentine, I'm looking at you). Mais avec un pincement au cœur car, avant même de quitter la grosse pomme, je me savais déjà hors-compétition.  

Lors de ma dernière journée complète avant de prendre l'avion, je me rappelle avoir simplement suivi mes envies, même celles qui n’étaient pas sur le menu, comme les pancakes lemon-ricotta-raspberry au Essex Street Market. J'ai ensuite commandé un mocha à emporter chez 88 Orchard ; j'ai fait un aller-retour sur le pont de Williamsburg pour admirer encore une fois la skyline de Manhattan ; je me suis retrouvée à traverser le plateau de tournage d'un film ou d'une série TV à Soho ; et j'ai finalement atterri à "All Good Things" (indeed!) juste pour le plaisir d'observer les gens autour de moi. Puis je suis rentrée, j'ai mis une robe, j'ai mis du rouge à lèvres, j'ai mis mes larmes en mode "démarrage différé", et je suis allée profiter de mes amis réunis dans un bar du East Village. Drink and be merry. 

Mon ultime stratégie fut, wait for it, wait for it, de faire en sorte d'avoir les ongles toujours manucurés jusqu’à mon départ. Voila, ça c'est dit.

Il est maintenant temps de faire le bilan de la méthode Marion en V.O pour éviter le choc culturel inversé. Comment s'est passé mon retour en France ? 

J'ai d’abord été frappée par la Noël-ite aiguë (si si, vous savez exactement de quoi je parle, de cette irrésistible envie de décorer l'arbre familial, de manger les meilleurs repas de l’année, et de regarder des DVD au coin du feu). Puis ces symptômes se sont estompés, 2013 est arrivé, mais le bonheur d'avoir retrouvé ma famille et mes amis en France est toujours intact. Et heureusement qu'ils sont là parce que pour le reste, c'est plus compliqué !

Je ne vais pas rentrer dans les détails. Je ne vais pas vous expliquer pourquoi la première chose que j'ai cuisiné en France sont des bagels maison. Je ne vais pas vous avouer que le seul bar que j'ai voulu essayer avec un réel enthousiasme à Paris sert de la Brooklyn Lager et se trouve à SoPi ("South Pigalle" dans la terminologie locale, empruntée de vous savez où). Je ne vais pas ajouter que c'est également dans ce coin de Paris que l'on trouve un pub nommé "Times Square" et que, ironiquement, sa clientèle de base n'est certainement pas constituée de touristes en goguette, contrairement au quartier de New York auquel il fait référence. Je ne vais pas vous dire que je ne trouve cela pas du tout réconfortant que le hall d’entrée du cabinet d'analyses médicales le plus près de chez moi soit décoré de posters géants représentant les rues de Manhattan et ses fameux yellow taxi cabs. Je ne vais pas préciser que cette prise de sang a été prescrite par mon nouveau médecin traitant convaincu que parce que je rentre de New York, j'ai forcément besoin d'un check-up (comme s'il n'y avait pas de docteurs compétents aux U.S) et aussi, allez savoir pourquoi, que je devrais vérifier par une radio si je n'ai pas une jambe plus courte que l'autre !!!

Je ne vais pas vous raconter comment l'obsession (le complexe d’infériorité ?) de Paris vis-à-vis de la grosse pomme s'est répandu comme une traînée de poudre pendant mon absence. Hello cheesecake devenu obligatoire sur la carte des desserts des bistrots traditionnels ! Hello magasin Forever 21 annoncé sur la rue de Rivoli ! Hello baristas barbus bientôt plus nombreux que les garçons de café ! Hello bars à ongles ! Hello nouveaux lieux bobo incontournables aux noms exotiques tels que le Coney Island Dinner, le Lefty, le Bones, le PNY, le Tuck Shop, le Glass, le Ten Belles, le Wanderlust. Et comble du comble : l'ouverture du café le "Garden Perk", qui se veut une réplique fidèle à celui de la série TV Friends. 

Tout cela ne m'aide pas vraiment à tourner la page sur mon mode de vie américain et cela crée pas mal de frustrations. Par exemple, étant une fan du brunch depuis la première heure, je suis a priori ravie que cette mode se soit installée à Paris, mais franchement, qui est l'idiot qui a décrété qu'il serait impossible de savourer cette simple combinaison d’œuf, de beurre, de lait, et de farine, le tout arrosé de café, pour moins de 25 euros, soit l’équivalent de 32,65 dollar par tête ? So I have become a conflicted French. J'essaye de transformer ma nouvelle vie en séjour d'immersion de longue durée à Paris, et puis je craque et m'engouffre dans un Starbucks, même si mon tall non-fat misto n'a plus le même goût. Cela va passer. Yes, I know. Je suis juste encore marquée par l’hématome du choc culturel inversé.

En attendant, je vous remercie d'avance mes chers tous, d'en être arrivés jusqu’au bout de ces lignes et de ce blog. Je veux finir cet article sur ces quelques réflexions philosophiques empruntées à une grande figure de l'optimiste et du renouveau à l'américaine. Il s'adressait ainsi récemment à ses proches :

"I want to thank them and I want to thank what they taught me, which is that you have to work harder than you think you possibly can. You can't hold grudges. It's hard but you can't hold grudges. And it doesn't matter how you get knocked down in life because that's going to happen. All that matters is you gotta get up." (Ben Affleck, Oscars 2013)

Et surtout, merci à ma chère grosse pomme, New York, la ville où j'ai appris à faire du vélo sans les petites roues.

Rétrospective "Just sit back, relax, and enjoy the ride" :
The Long Goodbye (Robert Altman, 1973) 
Coming Home (Hal Ashby, 1978) 
Airplane! (Jim Abrahams, David Zucker and Jerry Zucker, 1980)
Frantic (Roman Polanski, 1988)
Home Alone 2: Lost in New York (Chris Columbus, 1992) 
Happy End (Amos Kollek, 2003)  
All Good Things (Andrew Jarecki, 2010)

mardi 20 novembre 2012

Trois petits tours et puis s'en vont : le licenciement, the American way

Chers tous, 

Votre Française à New York pourra bientôt vous raconter ses histoires de New Yorkaise qui débarque en France ! Après quatre ans de bons et loyaux services (mis-à-part quand je travaillais sur mon blog les journées trop calmes au bureau, hum hum…), mon employeur se sépare de moi. Le projet principal sur lequel j’avais été stagiaire puis embauchée, vient d’être mis en « coma à durée indéterminée » et mon poste supprimé pour des raisons financières. En jargon américain passif-agressif, « I was let go ».


En fait, j’avais rendez-vous avec le directeur pour parler de ce que je m’imaginais être tout autre chose donc, même si j’étais au courant des problèmes d’argent de ma boite (depuis un an, l’ensemble du staff se prend baisse de salaire sur baisse de salaire, oui je sais, un concept qui n'existe pas en France, ici cela s'appelle des furlough days, fermer la parenthèse), je suis tombée de haut puisque qu’ils avaient engagé la procédure de renouvellement de mon visa H1B pour 3 ans, ce qui ne sert donc plus à rien. Car, en théorie, plus de job = plus de visa = plus le droit de rester sur le territoire américain. Et en pratique, les options qui s'offrent à moi relèvent de la mission pratiquement impossible.


Option A= Recontacter mon ex-Américain préféré, négocier un deal à la The Proposal et perdre le peu de fierté qu'il me reste après m’être faite jeter par mon employeur. 

Option B= Harceler Claire Danes et lui demander si, grâce à son nouveau job à la télévision, elle peut négocier un sursis pour moi directement avec Homeland Security. 
Option C= Voyager dans le passé comme dans Les Visiteurs et faire en sorte de trouver un  autre employeur dans le monde de la culture qui aurait été prêt à payer le coût non-exorbitant de mon salaire, le coût relativement exorbitant de mon visa H1B et, dans un an, le coût extra-exorbitant de ma carte verte, le tout avant même de me faire licencier. 
Option D= Je rentre en France.

Se faire laid-off, on a beau le montrer dans les films américains, et j'ai eu beau le déplorer pour certains de mes collègues au moment de la crise de 2008, quand on le vit en direct, c'est brutal. Pourtant, j’ai été traitée selon la procédure habituelle aux États-Unis: pas de préavis, donc; l’impression soudain d’avoir la peste/d’être une criminelle ; mon email de travail verrouillé pendant que j’étais dans le bureau du directeur ; l’obligation de rendre mon badge (adieu les sorties au musée/cinéma gratuites !) ; mais le droit de reprendre ma machine à café et mes 12 pulls (je vous ai déjà dit que je détestais la clim’ américaine ?) ; et enfin la sortie d’un pas alerte, genre walk of shame, escortée par le chef de la sécurité (mais il m’a aussi donné un hug parce, quand même, il était un peu triste que je parte).


Sur le coup, je n'ai pas dit au revoir à mes collègues. Because guys, I was a mess. De toute façon, le bureau du directeur fait partie de l'open space, ils pouvaient donc entendre tout ce qui s'y passait. Ou comment ajouter l’humiliation publique à l’humiliation privée. Parce que, même si ce n'est pas ma faute, et qu'on m'a bien fait comprendre que mes qualités professionnelles n’étaient absolument pas mises en cause, et que l'on écrirait une lettre de recommandation si besoin, et autres paroles qui se voulaient réconfortantes, je me suis mise à pleurer. J'ai la chance d'avoir un extraordinaire support system, ici comme en France, donc ce n’était pas des larmes de peur ou de colère, c’était le choc lié au fait qu'on ne me laissait pas le choix, on m'arrachait à ma vie ici, non negociable. Je me suis retenue le plus longtemps possible et puis, parmi une foultitude de pensées incohérentes, je me suis rendue compte qu'il faudrait l'annoncer à ma meilleure amie ici, une New Yorkaise avec qui j'ai traversé toute cette expérience incroyable, my emergency contact, my Thanksgiving hostess year after year (et est-ce que j'allais pouvoir faire le repas avec sa famille cette année???, pensée incohérente #38), et patatras, le flot.


J'avais commencé à over-dramatiser la situation dans ma tête (si vous n'aviez pas déjà remarqué, that's my thing) et j'étais devenu incontrôlable. Respire, Marion, respire. Moi qui n'ai jamais approuvé la propension qu'ont les Américains à partager les moindres détails intimes de leur vie privée au bureau (des préparatifs du mariage jusqu'aux détails du divorce, en passant par le chat malade... T.M.I!), je n'avais jamais été aussi vulnérable, malgré moi, devant mes collègues. Bien sûr, cela faisait partie du scenario qui avait été écrit à l'avance, et le directeur a aussitôt poussé vers moi la boite de mouchoirs qui était à disposition pas loin.


Sauf que mes employeurs (et visa sponsor) n'avaient pas dû répéter la scène assez souvent avec une "nonimmigrant alien" dans le rôle principal. Il restait plein de questions en suspens car ils n'avaient pas considéré l'ensemble des obligations liées à mon statut particulier (pour info: notifier Homeland Security, annuler mon renouvellement de visa H1B, me rembourser un billet d'avion aller-simple vers la France, m'informer sur mon droit de toucher le chômage ou non, la réponse est non.) Et de mon coté, je devais appeler mon avocat (de l'immigration). J'aime bien dire "mon avocat", même si là, encore une fois, cela confirmait le fait que mes superviseurs étaient des incompétents dans ce domaine car ils auraient dû passer dès le départ par leur avocat en interne. Nous nous sommes donc mis d'accord avec le directeur pour que je repasse au bureau la semaine suivante (aux États-Unis, ils licencient toujours les gens avant le weekend)... « See you next week, but I'm gonna need this back. », il m'a dit. Toujours abasourdie, je lui ai rendu l’enveloppe qui contenait ma lettre de licenciement et un chèque à hauteur de deux semaines d’indemnités, ainsi que les jours de congés payés que j'avais réussi à économiser (parce que 15 jours de vacances à poser par an, on ne le dit jamais assez, ce n'est vraiment pas beaucoup).


Je savais qu'ils ne feraient pas marche arrière, mais je voulais essayer de négocier pour gagner du temps. Car si ma première décision avait été de choisir de rentrer en France, la décision qui a immédiatement suivi était de faire en sorte de m'accorder, somehow, le délai nécessaire pour boucler plus de quatre ans de vie à New York, et ce, dans les règles, afin de pouvoir revenir ou retravailler sur le territoire américain sans me faire jeter en prison (ma tendance à dramatiser, again). Et j'avais une deuxième chance pour tourner proprement (comprendre, avec moins d'eau salée) cette page de mon expérience professionnelle à New York (sans oublier d'embarquer le rouleau de scotch que j'avais stupidement laissé derrière moi dans la confusion de l'annonce de mon licenciement). Mon dernier jour (bis !) a été mémorable : quand je suis réapparue au bureau, soit mes collègues les plus hypocrites me disaient « I am so sorry » et détournaient le regard, soit mes collègues les plus sympas me disaient « I am so sorry » et m’offraient un petit sourire triste (mais sincère). Le pompon ça a été un de mes supérieurs directs, qui a fait semblant de ne pas être au courant.


Quand j’avais proposé au directeur de prendre la peine d’organiser mes dossiers afin que, si un jour ils puissent redémarrer le projet sur lequel je travaillais, ils sachent où étaient les informations importantes, il m’avait regardée, incrédule, et m’avait remerciée de cette offre « incredibly generous » ! J’étais donc là pour leur rendre service (et officiellement toujours une employée au même titre que les autres) mais j’ai re-eu droit au traitement de choc : une baby-sitter derrière mon épaule lorsque j’ai eu la permission de consulter rapidement mon email de travail, mais sur le poste de quelqu’un d’autre puisque mon ordinateur également avait été verrouillé (c’est limite si on ne m’accompagnait pas aux toilettes). Et quand ils n’ont eu vraiment plus besoin de moi, à 16h précises, j’ai été convoquée par la comptable qui m’a informée que le directeur n’ayant pas le temps (le désir ?) de me parler, il fallait, en gros, dégager le plancher.


Mais cette dernière journée de travail surréaliste (payée, qui plus est) n’était pas en vain. La fin officielle de mon contrat a été décalée de 11, 78 jours car ils ont eu la générosité (?) de poser tous les jours de vacances qu'il me restait (j'avais donc bien fait de me "rationner" pendant plusieurs mois). J'ai fait les démarches nécessaires et payé le prix nécessaire (ah les États-Unis!) pour régulariser mon statut auprès de l'immigration américaine jusqu’à une date ultérieure de départ définitif qui me convenait (car 11,78 jours, quand même, ça passe vite). J'ai fait les démarches nécessaires et payé le prix nécessaire (ah la France! ) pour avoir une couverture médicale internationale temporaire (car ma couverture américaine s’arrêtait 5 jours après la fin de mon contrat, et il m'en aurait coûté 500 dollars par mois de ma poche pour la prolonger). J'ai fait les démarches nécessaires et payé le prix nécessaire (20%) pour récupérer ma retraite américaine, le 401(k). J'ai pris mon billet d'avion, one way, pour la France. J'ai annulé mon abonnement à Netflix. Sur le papier, je suis prête, dans ma tête un peu moins.

To be continued...

Marion

PS: To my "Chers tous", to my support system, un grand MERCI.

Rétrospective: " Le licenciement, the American way" : 
The Immigrant (Charlie Chaplin, 1917) 
Working Girl (Mike Nichols, 1988)  
Mission: Impossible (Brian De Palma, 1996) 
Office Space (Mike Judge, 1999)  
Bread and Roses (Ken Loach, 2000) 
The Pursuit of Happyness (Gabriele Muccino, 2006)  
The Visitor (Thomas McCarthy, 2007) 
Capitalism: A Love Story (Michael Moore, 2009) 
The Proposal (Anne Fletcher, 2009) 
Up in the Air (Jason Reitman, 2009) 
Inside Job (Charles Ferguson, 2010)  
Wall Street: Money Never Sleeps (Oliver Stone, 2010) 
Margin Call (J.C. Chandor, 2011)  
Shame (Steve McQueen, 2011) 
The Queen of Versailles (Lauren Greenfield, 2012)